Année fiscale blanche 2018 : une aubaine surtout pour les contribuables prévoyants, non mensualisés

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Les revenus des traitements et salaires, tout comme les revenus fonciers, perçus en 2018, s’ils sont non exceptionnels, seront non imposables. Un crédit d’impôt du montant équivalent à l’impôt théorique sera attribué par le Fisc, une aubaine fiscale liée à la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier 2019.

Cette aubaine fiscale ne réjouit pas visiblement les Français. Surprenant. La plupart pense que cela ne change rien... Évidemment à tort, mais ils ne constatent pas la différence car la majorité d’entre eux sont mensualisés. Effectivement, dans ce cas, l’aubaine n’apparaît pas être évidente. Elle est beaucoup plus claire pour les épargnants se "mensualisant" eux-même. Ces derniers épargnant tous les mois le 12e de leur impôt à payer de l’année en cours. Une astuce qui rapportait suffisamment pour être mise en place, lorsque les taux d’intérêts étaient bien plus élevés qu’à ce jour. Mais une fois cette habitude prise, ces épargnants n’ont pas changé leur façon de faire... Ils sont aujourd’hui récompensés, puisque en 2018, leur épargne ne sera pas reversé au Fisc. L’aubaine pour eux est alors évidente.

Exemple : Mr Henri, épargnant prévoyant, règle au Fisc, peu ou proue, chaque année 3500€ d’impôt sur le revenu. Il n’ pas souhaité utilisé la mensualisation proposée par les services de Bercy, mais a mis en place un virement permanent de son compte courant vers son livret A de 300€ par mois, afin de régler sa note fiscale par tiers provisionnel. Il s’est en fait mensualisé "lui-même". L’idée étant alors, quelques années de cela, de permettre à ce pécule provisionné, de 3.600€ de générer des intérêts, évitant ainsi de donner de la trésorerie par avance au Fisc. Il s’attribuait ainsi, en quelque sorte, une petite remise sur son impôt à payer. Aujourd’hui, avec le taux dérisoire du livret A, nous sommes d’accord, ce procédé ne sert plus à rien... Toujours est-il que ces épargnants, qui n’ont pas changé leur façon d’épargner, vont se retrouver donc, en année pleine, avec 3.600€ sur leur livret A, qu’ils n’auront pas à verser au fisc. Pour eux, l’aubaine apparaît clairement.

Heureux les épargnants prévoyants et non mensualisés...

Pour les contribuables non mensualisés, et ayant donc pour habitude d’anticiper et donc d’épargner le montant de leur impôt sur le revenu, via une épargne régulière, l’année 2018 sera pour eux un pur plaisir. Leurs liquidités ainsi épargnées vont gonfler leur bas de laine du montant de leur impôt sur le revenu. L’aubaine est dans ce cas facile à constater.

Pour les contribuables mensualisés, cela ne change pas grand chose ?

Pour les contribuables n’anticipant pas le paiement de leur impôt, l’année banche fiscale ne va pas changer grand chose, puisque, sans anticipation de leur part, ils paient leur impôt sur le revenu 2017 avec leurs revenus de 2018. Au niveau trésorerie, ils sont d’ores et déjà décalés d’une année, mais dans l’autre sens. La mise en place du prélèvement à la source ne fera que corriger leur année de décalage en prélevant les impôts de 2019 sur leurs revenus de 2019.

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13 commentaires

  • Le raisonnement sur l’aubaine fiscale est quelque peu alambiqué : les non mensualisés paient le tiers provisionnel qui est équivalent en valeur par rapport à la mensualisation.

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  • Merci de donner un exemple précis et chiffré car cela ne paraît pas si évident.

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    • Bonjour,

      Il est clair que tous les contribuables ne paieront pas d’impôt sur les revenus perçus en 2018. Le gain est évident, il est égal au montant de l’impôt sur le revenu que chaque contribuable aurait dû payer.

      Maintenant nombre de contribuables ne s’en aperçoivent pas car ils paient encore cette année leur impôt sur le revenu de 2017. Sauf certains épargnants (et j’en rencontre pas mal...) qui avaient mis en place leur "propre" mensualisation... Pour ces derniers l’effet d’aubaine est perceptible, car le montant de leur impôt restera sur leur livret épargne.

      C’est juste une différence de perception des choses, mais tous les contribuables (mensualisés ou pas) sont à la même enseigne, tous sont gagnants.

      bien à vous

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  • Le RFR ( revenu fiscal de reference) sera t il calcule comme d habitude , c est a dire en incluant salaires et revenus foncier exoneres eux d impots ? ce qui me semblerait logique sinon les aides exploseraient avec un RFR proche de zero pour beaucoup

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  • M. Henri, épargnant stupide

    19 août 2018 14:07, par Cafti

    Il faudrait que M. Henri consulte un site où on comprend ce qu’est l’impôt.
    Il veut éviter « de donner de la trésorerie par avance au Fisc », idée généralement stupide mais en plus il le fait.
    D’abord sa trésorerie n’est pas donnée au Fisc, qui est juste un percepteur, mais au Trésor Public (oui, Public, et M. Henri est compris dans le Public). Si le Trésor Public est alimenté correctement, il aura moins besoin que des impôts soient levés pour rembourser sa dette.
    Examinons maintenant la démarche de M. Henri.
    Fin décembre, il épargne 300 €, comme il n’est pas mensualisé il ne paie rien le 15 janvier donc il gagne bien un mois d’intérêts.
    Fin février, il paie son tiers provisionnel, donc janvier (sur lequel il a gagné un mois), février sur lequel il ne gagne ni ne perd rien, ET mars, sur lequel il perd un mois. Un mois de gagné, un mois de perdu, un mois normal, soit un gain de 0.
    Sauf que fin mars, le contribuable mensualisé a réglé 3/10, ou 30 % de son impôt ;
    alors que ce gros niais de M. Henri a réglé 1/3, ou 33 % de son impôt.
    Même chose pour le second tiers provisionnel, dès fin mai M. Henri aura réglé 66 % de son impôt,
    là ou le contribuable mensualisé n’aura réglé que 50 %, et 60 % le 15 juin.
    Mais le meilleur est pour le solde (la fin). Fin septembre ce modèle de gestion qu’est M. Henri aura payé 100 % de son impôt,
    alors que le contribuable mensualisé n’en sera qu’à 90 %.
    90 % estimé, car si l’impôt a augmenté de manière très importante (une année sans crédit d’impôt pour travaux par exemple),
    le contribuable mensualisé bénéficiera d’un rééchelonnement de ses paiements. Cas extrême : le solde payé en 4 mensualités, de septembre à décembre.
    Tordons maintenant le cou à cette expression stupide d’année fiscale blanche.
    En 2018, nous sommes soumis à l’IR (que nous payons intelligemment ou comme M. Henri).
    En 2019, nous serons soumis à l’IR, que les contribuables salariés et mensualisés paieront désormais une quinzaine de jours plus tard : au lieu du 15 sur leur compte bancaire, ce sera vers le 30 sur leur salaire.
    Si aubaine il y a, ce sera pour celui qui prend sa retraite le 31 décembre 2018. Il aurait dû en 2019 payer avec sa pension (salaire très réduit) un impôt sur des revenus nettement plus élevés. Là, son imposition baisse immédiatement en même temps que son revenu.

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    • M. Henri, épargnant stupide

      Bonjour,

      Je comprends que cela soit difficile à appréhender cette année fiscale blanche sur les revenus perçus en 2018, et pourtant c’est bien le cas, ce n’est pas une idée reçue. En 2019, nous paierons nos impôts sur les revenus perçus en 2019 et non pas sur ceux de 2018. Et comme en 2018 nous payons nos impôts sur ceux de 2017...

      Pour ce qui est de votre raisonnement, vous débutez l’année au 1er janvier, alors que l’épargnant payant en tiers (donc en 3 fois par an seulement si son impôt ne varie que peu ou proue), le décalage de trésorerie est bien plus conséquent que cela, mais aucun souci, à chacun son opinion. La richesse est aussi dans la différence.

      Un vieil article sur le sujet, alors que les taux d’intérêts étaient encore à 5% sur les livrets épargne :Réduisez vos impôts sans niche fiscale...

      Bien à vous

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  • Bonjour.J avais compris depuis le début de ces dispositions, que seuls les revenus de salaire ou pension de 2018 ne seront pas imposés. Alors je lis plus haut que les revenus fonciers ne seront pas imposés non plus ; vrai ? - si c’est le cas quid de la CSG CRDS etc ... afférente aux revenus fonciers ? Merci de m’éclairer sur ce sujet.

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    • Bonsoir,

      C’est vrai ! Un crédit d’impôt équivalent au montant d’impôt calculé par les services de Bercy sur les traitements et salaires ET les revenus fonciers viendra annuler l’impôt 2018. Les prélèvements sociaux portant sur les revenus fonciers seront également concernés par ce crédit d’impôt. Alors ce n’est pas une aubaine cette année 2018 ?

      Attention toutefois, seuls les revenus et revenus fonciers NON exceptionnels sont concernés par ce crédit d’impôt. Si vos revenus augmentent en 2018, le delta sera imposé à votre tranche marginale la plus élevée.

      Bien à vous

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  • Année fiscale blanche 2018 (dans vos rêves)

    29 août 2018 15:43, par Cafti

    « Je comprends que cela soit difficile à appréhender cette année fiscale blanche »
    Alors je peux vous aider :
    2017, M. Henri a payé, peu ou prou, 3600 € d’impôt sur le revenu, selon l’échelonnement qu’il a choisi ;
    2018, M. Henri paie, peu ou prou, 3600 € d’impôt sur le revenu, selon l’échelonnement qu’il préfère ;
    2019, M. Henri paiera, peu ou prou, 3600 € d’impôt sur le revenu, obligatoirement par 12 prélèvements mensuels.
    Quand bien même Malbrough s’en va-t-en guerre contre l’impôt,
    Ne sait quand viendra cette année fiscale blanche (qui n’est qu’une vue de l’esprit).
    Il faudrait plutôt parler de disparition d’année fiscale blanche,
    pour le jeune voisin de M. Henri, qui travaillant pour la première fois en 2019,
    n’aurait eu à faire sa première déclaration d’impôt sur le revenu qu’en avril 2020 et régler le tout en septembre 2020.
    Le prélèvement à la source supprime cette situation favorable, où le jeune travailleur pouvait mettre sur un livret d’épargne ce qu’il allait devoir payer au bout d’un an + neuf mois.
    L’aubaine bascule maintenant vers les néo-retraités à partir de 2018.
    Bien qu’ayant autrefois bénéficié de la 1re année blanche, ils bénéficient désormais d’une baisse d’impôt dès le 1er mois de leur baisse de revenus.

    « vous débutez l’année au 1er janvier »
    Oui, cela s’appelle le calendrier grégorien. Et si Jeanine et Lucien épargnent dès le mois d’octobre, je ne vois pas ce qui empêche le contribuable mensualisé d’en faire de même. En d’autres termes, octobre, novembre, décembre, c’est de l’épargne, cela n’a rien à voir avec le mode de règlement de l’impôt. La différence entre le contribuable mensualisé et Jeanine & Lucien commence bien au 15 janvier, lors du premier paiement.

    « Les prélèvements sociaux portant sur les revenus fonciers seront également concernés par ce crédit d’impôt. Alors ce n’est pas une aubaine cette année 2018 ? »
    Non, ce n’est pas une aubaine, si on a compris le fondement, la motivation de ce crédit d’impôt.
    En 2019, M. Henri, Jeanine & Lucien, paient l’impôt et les cotisations sociales sur leur revenu foncier 2019.
    S’ils devaient acquitter les cotisations sociales 2018, cela reviendrait à une augmentation d’impôts (doublement des cotisations sociales). Or ce n’est pas l’objectif du prélèvement à la source, d’où cette fiction d’année fiscale blanche.
    Il y a une année (2018) de base d’imposition qui disparaît, en revanche toutes les années restent imposées.
    Un jour les gens arrêteront d’être obnubilés par l’impôt incarnation grand Satan, ils arrêteront alors de mettre leur argent sous un matelas plutôt que sur un livret fiscalisé ; ils arrêteront d’investir à perte dans du Pinel (célèbre aliéniste) ; ils arrêteront de défiscaliser dans des usines marémotrices dans le désert ou des panneaux solaires au Groenland.
    Je me demande si la probabilité qu’Un jour mon prince viendra n’est pas plus élevée que celle que les gens comprennent enfin le fondement et l’utilité des impôts.

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