Privatisations : la liste des sociétés visées

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Quelles sont les entreprises concernées par la cession d’actifs que le Premier ministre a annoncé hier ? Focus sur les candidats potentiels...
Privatisations : la liste des sociétés visées
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Hier, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault a fait part de la volonté du gouvernement de céder certaines parts de ses actifs afin d’investir pour relancer la croissance. Le terme de privatisation n’est pas employé par le gouvernement, Mr Ayrault préfère le terme de cession d’actifs, laissant entendre que l’Etat ne se dégagera totalement d’aucune société.

Vendre des actifs pour dégager des fonds pour investir et non pour rembourser la dette de l’Etat

Certains pourraient s’interroger sur l’objectif de ce désengagement d’actifs. Ce cash ainsi généré ne sera pas utilisé comme remboursement de la dette, mais sera investi, mai dans quelles domaines ? L’équipement en Internet haut débit dans les zones rurales ? Existe-t-il quelqu’un pour croire que cela va véritablement relancer l’économie ? Pourquoi ce désengagement ne contribue-t-il pas au remboursement de la dette ? Alors que ce sont les contribuables qui font des efforts en subissant un tour de vis fiscal sans précédent, la consommation ne sera pas relancée par un nième plan d’investissement.

Toujours est-il que parmi les entreprises visées on retrouve EDF, GDF-Suez ou encore France Télécom, mais pas seulement...

EDF

Détenue à 84,4 % par l’Etat, une vente d’une partie des parts ne remettrait pas en cause le contrôle de l’Etat sur l’entreprise. Malgré une hausse de 27 % de son titre depuis le début de l’année, le prix de l’action EDF reste relativement bas (18 euros), bien loin de son niveau de novembre 2007 (85,5 euros).

A l’heure actuelle, la valorisation boursière de l’entreprise à 32,9 milliards d’euros semble donc sous-cotée et la vente d’1% ne rapporterait que 330 millions d’euros à l’Etat. Une opération à court terme qui empêcherait l’Etat de toucher environ 23 millions d’euros de dividendes pour chaque pourcentage de participation.

GDF-Suez

L’Etat détient aujourd’hui 36,7 % des parts du gazier et pourrait donc se permettre d’en céder jusqu’à 3,4 % sans entamer sa minorité de blocage (33,3 % plus une voix). Une vente qui lui rapporterait quelques 1,3 milliards d’euros au cours actuel (16,4 euros).

Cependant, au même titre que pour EDF, le timing de l’opération ne semble pas très intéressant puisque le cours de l’action GDF-Suez a été divisé par 2,5 en moins de cinq ans. En outre, la politique de dividende attractive de GDF Suez en fait un investissement de long terme particulièrement important.

France Télécom

L’Etat français détient directement 13,4 % de France Télécom et indirectement 13,67 % via le Fonds Stratégique d’Investissement (FSI). Comme pour GDF et EDF, les actions France Télécom sont faiblement valrorisées (8 euros) et rapportent 270 millions d’euros de dividendes chaque année à l’Etat (hors FSI). Mais, la faible participation de l’Etat et les besoin urgent de liquidité pourrait inciter le gouvernement à se tourner vers France Télécom...

Safran

Avec une action en plein boom, Safran pourrait être une des cibles privilégies par l’Etat qui en détient encore 27 % malgré la vente, en mars dernier, d’un bloc de 3 %, qui avait rapporté 450 millions d’euros.

Renault

Détenu à 15 % par l’Etat, le groupe Renault présente l’avantage d’avoir un titre boursier qui a retrouvé son niveau de mi-2008, mais une vente mettrait en péril la position des deux administrateurs de l’Etat dans l’organigramme du groupe.

EADS

Fleuron de la production française et européenne, EADS ne devrait pas faire partie de cette vague de privatisation puisque l’Etat vient d’en céder 3 % fin 2012.

Air France

Air France devrait aussi être épargnée de cette volée de cession, car l’entreprise ne rapporterait pas grand chose. Aujourd’hui les 15,9 % que possède l’Etat sont évalués à seulement 350 millions d’euros.

ADP

Encore détenus à 54,5 % par l’Etat, Aéroports de Paris (ADP) pourrait être une option envisageable mais limitée. Le passage en dessous des 50 % de participation nécessiterait un passage par le Parlement...

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