Entreprises zombies : les difficultés de remboursement des PGE refont surface

PGE (prêt Garanti par L’Etat), s’endetter pour éviter la faillite, un coup de poker ? © FranceTransactions.com/stock.adobe.com
Sans surprise, de nombreuses entreprises n’ont pas survécu à la crise économique liée aux différentes mesures de restrictions sanitaires. Maintenues artificiellement en vie à coup d’aides financières, via notamment ces PGE (Prêts Garantis par l’Etat), il faut désormais commencer à les rembourser. Sauf que de nouvelles mesures renforcées viennent de nouveau ralentir la reprise... Cela va coincer. Chronique ordinaire de faillites annoncées.

Publié le

Notifications FranceTransactions.com
Pour ne rien rater de l'actualité des placements épargne, inscrivez-vous à nos notifications.

Tout va très bien... Seulement une perte de 8 milliards d’euros pour l’Etat

Si la FBF (Fédération Bancaire Française) tente de rassurer en indiquant que seulement 5% des entreprises concernées par le PGE connaissent effectivement des difficultés de remboursement de leurs échéances, la situation n’aurait rien de dramatique. D’après le sondage publié par BPI France en janvier dernier, 6% des entreprises avouaient effectivement ne pas pouvoir rembourser leur PGE. Ce qui semble être une situation relativement acceptable. Ce serait donc moins de 8 milliards d’euros que l’Etat perdrait, étant la garantie de ces prêts.

PGE - une double-lame, reculer pour mieux faire faillite

Mais l’effet de la double-lame de l’emprunt pour s’en sortir n’est pas encore réellement arrivé. S’endetter pour éviter la faillite, voici ce qu’avait proposé le gouvernement. Rien de bien innovant, puisque tous les pays de la zone euro ont pratiqué cette même politique. Les entreprises ont désormais plusieurs options pour rembourser ces PGE. L’une d’elle étant le remboursement intégrale en 2021. Mais la plupart des entreprises optent pour un étalement de leurs remboursement sur un à cinq ans. Mais ce PGE n’a rien d’un cadeau dans ce cas. Le PGE est d’autant plus coûteux que la période de remboursement est longue. Ainsi, "les banques se sont engagées à proposer une tarification maximale de 1 à 1,5% pour des prêts remboursés d’ici 2022 ou 2023" et de "2 à 2,5% pour des prêts remboursés d’ici 2024 à 2026, coût de la garantie de l’Etat compris", confirme le ministère de L’économie. Le différé d’une année, soit en 2022, n’est pas variablement une aubaine non plus, puisque il faudra alors rembourser son PGE en une année de moins par la suite. Il faut vraiment que l’entreprise soit en bonne santé afin de pouvoir supporter cette nouvelle contrainte. Et voici que fin mars, un nouveau confinement est mis en place. Les plans changent donc de nouveau, et les crédits s’entassent.

PGE - de nouvelles rallonges afin de reculer les faillites à plus tard...

Comme nous n’arrivons pas à résoudre le problème, faute de solution, le gouvernement souhaite céder aux sirènes d’achat de temps. De nouvelles propositions seront donc probablement effectuées afin de proposer des extensions de délais de remboursements. La presse se fait l’écho d’une durée allant jusqu’à 8 années... Continuons donc le délire.

PGE - ces entreprises qui ont mis du cash de côté

À l’inverse, pour certaines entreprises en pleine forme, ces PGE représentent une aubaine supplémentaire. Emprunter à ces conditions attractives leur permet d’avoir un pactole de cash à utiliser lorsque la reprise économique sera au rendez-vous en France. Probablement quelques mois encore après tous les autres, puisque la France a toujours montré son retard pour se remettre en route. Selon une enquête Bpifrance de Janvier 2021, 35% des PME ont déclaré avoir très peu, voire pas utiliser du tout leur PGE. En clair, l’Etat aurait donc distribué 46.2 milliards d’euros aux entreprises pour que ces dernières puissent repartir plus fortement en 2021.

Une question, un commentaire?

Réagir à cet article Entreprises zombies : les (...) : Publiez un commentaire ou posez votre question...

Sur le même sujet

A lire également