Épargne salariale : ces salariés dont l’épargne chute en même temps que leur entreprise

Actionnariat salarié : une double peine en cas de récession © FranceTransactions.com
C’est le principal risque de l’épargne salariale, dès lors que l’on devient actionnaire de l’entreprise qui nous emploie. Avec la chute des cours des actions, notre épargne salariale chute également, et notre emploi peut même être menacé. Des pertes sur tous les tableaux.

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L’épargne salariale reste, et de loin, le meilleur placement épargne à long terme. Cela ne fait aucun doute. Les épargnants ne s’y trompent pas et les encours de l’épargne salariale ne cessent de grimper d’années en années, notamment sur les PEE et PERCO. Mais l’épargne salariale peut prendre plusieurs formes, et toutes ce ne sont pas logées à la même enseigne en matière de risques corrélés à la vie de l’entreprise. Ainsi, l’investissement dans les actions de sa propre société, une forme particulière de l’épargne salariale est davantage risquée. La récession liée au confinement va le révéler une fois de plus. L’épargne salariale via l’actionnariat salarié peut être une double peine.

Fin 2019, 2,9 millions d’actionnaires salariés étaient recensés, pour un montant moyen de 46.800 euros, selon une étude portant sur l’actionnariat salarié sur le SBF120 d’Eres, le spécialiste de l’épargne salariale. Avec une chute de près de -30% du cours des actions depuis le début d’année, l’épargne accumulée dans ce cadre fait triste mine. Et ce n’est pas le seul point noir. Les dividendes seront revus à la baisse, ou simplement annulés. Le risque pour son emploi même peut être menacé.

Chutes des cours des actions, suspension du versement des dividendes

Malgré l’abondement versé par l’employeur, la décote proposée sur la souscription des actions, il sera bien difficile d’être gagnant. L’actionnariat salarié, tel que proposé par les grandes entreprises, c’est un bonus en période de croissance économique. Le cours des actions grimpe, l’entreprise accumule les bénéfices et les salariés bénéficient de ces envolées car leur épargne salariale grimpe dans la même proportion.
Mais, en revanche, quand la récession pointe le bout de son nez, que les cours des actions sont orientés vers le sud, que les dividendes chutent, voire que l’entreprise commence à afficher des pertes, les salariés sont malmenés sur touts les fronts. Risque pour leur emploi et chute de leur épargne salariale sont alors le revers de la médaille de cette épargne salariale.

Une décote malmenée

Les salariés bénéficiant d’une invitation à acheter des actions de leur propre entreprise bénéficient d’une décote sur le prix de l’action. La décote moyenne est de -18%. Hors accident de parcours, cette décote est une bonne affaire pour les salariés. Evidemment, il faut également tenir compte de l’abondement de l’employeur lors de cette souscription. C’est le véritable avantage de ce type d’épargne salariale. Là encore, l’abondement moyen est de +100%, ce qui est en fait la véritable pépite de cette épargne long terme.

Actionnariat salarié, 2020, un grand plongeon relatif des cours des actions...

Les grandes entreprises incitent leurs salariés à investir leur épargne salariale sur leurs propres actions. Avec abondement, remise sur le cours des actions à l’achat, cela semble un bon plan sur le papier. Il faut évidemment se rappeler que, statistiquement, tous les 8 à 10 ans, une crise boursière majeure se produit. L’accepter et en tenir compte pour la proposition de ce type d’investissement par rapport à son patrimoine global est donc pertinent.

Ces baisses de cours des actions sont à pondérer avec la formidable hausse de l’année 2019. Cette bulle financière n’est à priori pas prête de sa tarir puisque les banques centrales ne cessent de surenchérir. Attention toutefois, quand une bulle éclate... Elle retombe au sol.

Grandes entreprises favorisant l’actionnariat salariéChute des cours des actions depuis le 1er janvier 2020 (au 8 mai 2020)
Air France-KLM
-57.55%
AXA
-35.38%
BNP Paribas
-45.46%
Bouygues
-27.11%
Saint Gobain
-30.41%
Natixis
-45.45%
Total
-32.96%
Vinci
-22.42%
Société Générale
-57.22%

Chute de son épargne salariale ? Que faire ?

Comme à chaque crise boursière, une fois que la baisse est là, il est évidemment trop tard pour réagir. Comme le confirment les gestionnaires en patrimoine, soit vous êtes hyper réactifs et vous vendez dès les premières baisses, soit vous ne l’êtes pas du tout et vous ne faites rien jusqu’à l’atteinte de votre horizon de placement. C’est évidemment la solution de facilité pour ces conseillers. Que faire donc ? Et bien Rien !
L’épargne salariale est de l’épargne long terme. En cas de chute des marchés financiers, comme pour toute votre épargne retraite, seul votre horizon de placement compte. Le cours des actions ont baissé ? Certains vont même en profiter pour renforcer leurs positions. Après l’orage, l’éclaircie ? Méfiez-vous tout de même. La règle de prudence est surtout de ne pas tout miser sur un seul cheval. L’épargne salariale est un atout pour votre épargne, mais ne doit jamais être le seul.

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