Impôts et cotisations : la France, de loin la championne d’Europe en 2017, +20% au-dessus de la moyenne européenne

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C’est bien sans la moindre surprise que la France apparaît, encore une nouvelle fois cette année, comme la championne d’Europe pour les impôts et cotisations sociales cumulés. Les recettes fiscales, englobant impôts et cotisations, représentaient en France 48,4 % du PIB en 2017, soit le ratio le plus élevé de l’Union européenne. La moyenne en Europe est de 40,2 %.

La France championne d’Europe pour les impôts, cotisations et taxes

Sans surprise, puisque d’année en année le résultat reste le même, selon le rapport d’Eurostat, les recettes fiscales englobant impôts et cotisations sociales ont représenté 48,4 % du PIB en France en 2017, soit une augmentation de +1.68% par rapport à 2016.

+20% d’impôts et de cotisations sociales en France

L’augmentation de la pression fiscale en France n’est pas dantesque, mais l’écart avec la moyenne européenne est conséquente. Le système de ponction fiscal en France est de 20% plus élevé que la moyenne européenne.

Ratio recettes fiscales/PIB le plus élevé en France, en Belgique et au Danemark

© Eurostat

Le ratio recettes fiscales/PIB varie sensiblement d’un État membre à l’autre, les parts les plus importantes d’impôts et de cotisations sociales en pourcentage du PIB en 2017 ayant été enregistrées en France (48,4%), en Belgique (47,3%) et au Danemark (46,5%), suivis de la Suède (44,9%), de la Finlande (43,4%), de l’Autriche et de l’Italie (42,4% chacun) ainsi que de la Grèce (41,8%). À l’autre extrémité de l’échelle, l’Irlande (23,5%) et la Roumanie (25,8%), devant la Bulgarie (29,5%), la Lituanie (29,8%) et la Lettonie (31,4%) ont enregistré les ratios les plus faibles.

Les politiques fiscales varient selon les États membres

En 2017, les impôts sur la production et sur les importations représentaient la plus grande partie des recettes fiscales dans l’UE (comptant pour 13,6% du PIB), suivis de près par les cotisations sociales nettes (13,3%) et les impôts sur le revenu et le patrimoine (13,1%). L’ordre d’importance des catégories fiscales était légèrement différent dans la zone euro. La plus grande partie des recettes fiscales y provenait des cotisations sociales nettes (15,2%), devant les impôts sur la production et sur les importations (13,2%) et les impôts sur le revenu et le patrimoine (12,8%).

Si l’on examine les principales catégories fiscales, une nette diversité existe entre les États membres de l’UE. En 2017, la part des impôts sur la production et sur les importations était la plus élevée en Suède (où ils représentaient 22,7% du PIB), en Croatie (19,6%) et en Hongrie (18,2%), tandis qu’elle était la plus faible en Irlande (8,5%), en Allemagne (10,7%) et en Slovaquie (11,1%).

Impôts sur le revenu et le patrimoine

S’agissant des impôts sur le revenu et le patrimoine, la part de loin la plus élevée a été enregistrée au Danemark (29,7% du PIB), devant la Suède (18,9%), la Belgique (16,9%) et la Finlande (16,6%). À l’inverse, la Lituanie (5,4%), la Bulgarie (5,7%), la Roumanie (6,1%) et la Croatie (6,3%) ont enregistré les impôts sur le revenu et le patrimoine les plus faibles en pourcentage du PIB. Les cotisations sociales nettes représentaient une proportion significative du PIB en France (18,8%), en Allemagne (16,7%) ainsi qu’en Belgique (16,1%), tandis que les taux les plus bas ont été observés au Danemark (0,9% du PIB) et en Suède (3,3%).

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9 commentaires

  • Impôts, cotisations : et protection sociale

    30 novembre 10:51, par cricri

    Bonjour
    Votre etude serait intéressante si vous analysiez en même temps ce que en face nous obtenons en retour.(prestations sociales etc)
    A noter l’ ensemble des pays ou la protection sociale et le bien être sont élevés (DK/Suede etc) ont des cotisations élevées.
    A moins que nous souhaitions un style de vie à la roumaine,etc)
    Merci de completer votre étude

    NB en Roumanie il y a aussi beaucoup de choses intéressantes

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    • Gâchis des recettes fiscales

      Effectivement, alors ne retenons que les 48,4% et, au total, sommes nous mieux lotis que l’Irlande, l’Allemagne, le Luxembourg ? Pas sur. Les 5, 10 ou 15 points de différence tiennent peut être gâchis de ces recettes fiscales : politiques inefficaces, dépenses inutiles (nombre et cout des parlementaires, des élus, des gouvernants), naufrage du système scolaire je vous laisse compléter.

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  • la France est-elle championne d’Europe des taxes et impôts ? Pour être un peu plus objectif, l’article aurait dû aussi signaler que la France est championne du monde de la redistribution sociale : 33% du PIB , 750 milliards d’Euros.

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    • Le vrai débat consisterait à pouvoir mesurer la qualité du service public au sens large : éducation police infrastructure ainsi que son évolution depuis 20 ans et de comparer par rapport à l évolution de la pression fiscale
      Ce qui il faut c est une analyse dynamique des évolutions en macroéconomie la lecture et l interprétation des ratios est compliquée
      Il serait intéressant d analyser l évolution de la qualité de nos hôpitaux par rapport à l évolution des financements de ce secteur
      Il peut y avoir des problèmes d organisation et de compétences au plus haut niveau
      Qu en pensez vous ?

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    • Bonjour
      oui je crois que la France est championne du monde de la redistribution,
      Il faudrait mettre beaucoup de personne au travail au lieu qu’ils profitent du système social. IL faut également que l’état fasse des économies, notament en ne donnant plus d’argent aux anciens Présidents, qui aprés leur mandats deviennent des citoyens ordinaire, et j’en passe sur ces dépense de responsable politique qui nous coute très cher et qui souvent ne font pas acte de présence et dorment au lieu d’écouter ou de débattre. Pour conclure. ( un état responsable doit favoriser l’activité industrielle ou autres afin de mettre les gens au travail et ainsi peut-être que les impôts seront moins lourds) il y à encore beaucoup à dire mais se serait trop long.

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  • Bonjour,
    cette étude est intéressante, car elle permet de comparer la pression fiscale selon les pays. Nous savons tous que l’impôt est un mal nécessaire et qu’il permet la réalisation du bien-être social et la gestion du pays. Le problème est moins celui de la pression fiscale que savoir comment elle s’exerce selon les différentes classes sociales. À quand une étude de ce type ?

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  • Dans l’élaboration de ce triste palmarès pour la France, avez-vous tenu compte des droits exorbitants de frais de succession pour lesquels, je pense , nous sommes aussi probablement en haut du podium ?

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  • J’ai longtemps travaillé en Angleterre et ai eu à choisir entre un statut local ou français.
    Tout calcul fait, santé, éducation, chômage, retraite, malgré des taux de cotisation et impôts plus élevés en France j’aurai dû gagner plus de 2,5 fois mon salaire français en Angleterre pour y trouver un avantage, tous frais et impôts inclus.
    Ma suggestion : faites une vraie étude comparative en regardant les cotisations ET les prestations. Le résultat pourrait vous surprendre, comme il m’a surpris

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  • La classe moyenne c’est la classe qui est trop riche pour percevoir des aides sociales et trop pauvres pour fuir le fisc...
    En gros, c’est celle qui fait vivre le pays en lui rapportant le plus !

    Mais rien que de voir des classes populaires qui ne payent ni IR, ni Taxe d’habitation, etc... et qui se plaignent que le gouvernement leur supprime 5€/mois sur leur APL me répugnent... Et rien que de les voir dans les manifestations actuelles me révolte encore plus...

    Je touche moins de 25 000€ par an (donc je suis une classe moyenne "vache à lait") et pourtant je ne soutiens pas les manifestations (bien que j’évite de le dire en public), je ne m’exprime que lors des élections car nous sommes encore en démocratie. J’irais (peu être) faire la "révolution" quand le régime politique aura changé.

    Pour en revenir aux impôts, la France a une dette à payer et les français devront soit accepter de réduire les dépenses de l’Etat (aides sociales), soit augmenter ses recettes (impôts). Bien sûr, nos dirigeants devront aussi montrer l’exemple... Mais ne pas oublier que nos gouvernements ne sont pas les uniques responsables de notre situation actuelle.

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