Taux d’intérêt : légère remontée des taux de marché, Mario Draghi pessimiste sur les perspectives économiques de la zone euro

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Les taux d’emprunt en zone euro ont fini sur une légère tension ou stables jeudi, après avoir signé de nouveaux plus bas en séance dans l’immédiat sillage des annonces de la Banque centrale européenne (BCE), qui n’ont finalement pas pleinement répondu aux attentes du marché.
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Mario Draghi - copie écran Twitter@ecb

La BCE a laissé ses taux directeurs inchangé hier. Mais le discours de Mario Draghi a fait état d’anticipations négatives sur l’économie européenne. De même, la BCE avoue ne pas arriver à atteindre son objectif d’inflation, ouvrant la porte à un changement de sa stratégie lors de la réunion de septembre. Les craintes sur les secteurs de l’industrie, des services et de l’immobilier sont grandissantes.

Légère tension sur les taux après le discours de Draghi

«  Une partie des intervenants de marché s’attendaient à davantage de précisions sur les mesures accommodantes » qu’entend prendre la BCE, a expliqué auprès de l’AFP Nicolas Forest, directeur de la gestion obligataire chez Candriam.

« Aujourd’hui, Mario Draghi a confirmé son discours de Sintra, a confirmé que les perspectives économiques devenaient de plus en plus mauvaises (...) donc il a fait un constat mais n’a pas ajouté au demeurant d’informations complémentaires quant aux mesures qu’il pourrait prendre  », dont les annonces « sont reportées en septembre », a-t-il complété.

Or, « les attentes du marché étaient très élevées » quant à cette réunion de la BCE, selon le spécialiste, qui en veut pour preuve la baisse de l’euro et des taux d’emprunt ces derniers jours, ainsi que la hausse des marchés actions.

Sombre tableau des perspectives de croissance et d’inflation

La Banque centrale européenne a brossé jeudi un sombre tableau des perspectives de croissance et d’inflation, une situation justifiant selon elle une baisse prochaine des taux et un nouveau programme de rachats d’actifs pour soutenir l’économie. Mario Draghi a livré « un discours très accommodant mais pas d’annonce », ce qui a provoqué « une déception » des investisseurs, a ajouté M. Forest. « Il y a donc un réajustement après ces anticipations très élevées, mais un réajustement qui n’est que tactique car la BCE s’annonce quand même prête à mettre en place une série de mesures qui ont pour but de faire baisser les taux », a-t-il souligné.
« Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d’intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels, ou à des niveaux plus bas, au moins jusqu’à la mi-2020  », indique désormais l’institution jeudi dans son communiqué de politique monétaire.

Mais, dans une formule nouvelle, l’institut juge également qu’un « haut degré » d’assouplissement monétaire va rester nécessaire « pendant longtemps » et charge ses services « d’examiner des options » allant d’un nouveau programme de rachats d’obligations à un système de taux dégressifs.

Nouveaux plus bas historiques

Le marché obligataire est un des principaux bénéficiaire des programmes de rachat d’actifs, c’est pourquoi les taux d’emprunt allemand (« Bund ») et français à dix ans ont, dans un premier temps, plongé davantage en territoire négatif jeudi après le discours de la BCE, avant de se redresser. Pour M. Forest, on peut rapprocher ce revirement du célèbre dicton anglo-saxon qui veut que le marché « achète la rumeur » mais « vende la nouvelle ». Le Bund, référence du marché obligataire européen, est ainsi descendu vers 14H20 (12H20 GMT) jusqu’à -0,4248% tandis que le taux français de même échéance est tombé jusqu’à -0,1822%.

Le reste du marché obligataire européen a également vu ses taux se détendre et signer de nouveaux plus bas, avant de remonter lui aussi.

A 18H00 (16H00 GMT), le taux d’emprunt à 10 ans de l’Allemagne a terminé en légère hausse, à -0,365% contre -0,383% mercredi à la clôture du marché secondaire, où s’échange la dette déjà émise. Le taux à dix ans de la France s’est de son côté stabilisé à -0,114% contre -0,120%. Celui de l’Espagne a terminé à 0,348% contre 0,335%, après être tombé jusqu’à 0,249%, au plus bas depuis début juillet. Le taux à dix ans de l’Italie est un peu monté, finissant à 1,513% contre 1,489% après être descendu jusqu’à 1,373%, un plus bas depuis fin octobre 2016. Le rendement à 10 ans du Royaume-Uni a progressé à 0,707% contre 0,676%. Il a atteint en séance jusqu’à 0,642%, un plus bas depuis début septembre 2016. Aux États-Unis, le taux à dix ans se tendait à 2,083% contre 2,043% mercredi, tout comme celui à 30 ans, à 2,613% contre 2,573%. Celui à deux ans s’établissait pour sa part à 1,864% contre 1,818%.

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