Achat auto : vaut-il mieux souscrire un crédit ou puiser dans son épargne ?

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Vous allez acheter votre nouvelle voiture, vaut-il mieux prendre un crédit ou puiser dans votre épargne ? Surprise garantie, vous verrez que l’on ne vous dit pas toujours tout !

Seulement un tiers des voitures sont achetées au comptant, les autres sont financées à crédit. Mais parmi ces deux-tiers, plus de 20% des acheteurs pourraient acheter leur voiture au comptant et ne le font pas, une erreur de gestion financière ? Tout dépend des conditions financières.

Acheter à crédit ou utiliser une partie de son épargne disponible ?

Dans la comparaison chiffrée de ces deux solutions, les consommateurs vont généralement biaiser leur comparaison en oubliant que l’effort d’épargne nécessaire au remboursement du crédit doit être également considéré dans le cas de l’utilisation de leur épargne. L’acheteur qui n’a pas la capacité financière de rembourser le crédit, sans puiser dans son épargne disponible au fil des mois, est une troisième situation, abordée uniquement dans la suite de l’article.

Achat à crédit ou pas ?

Les taux de crédit sont bas, très bas (0.50% en période promotionnelle, de 2% à moins de 3% sur le marché), tout comme les taux de l’épargne du reste. Bien souvent, lors d’un achat important, telle qu’une voiture, la question revient sur le tapis : Vaut-il mieux que j’utilise mon épargne ou que je souscrive un crédit à la consommation ?

Les concessionnaires et les banquiers poussent le crédit

C’est logique. Les concessionnaires et les banquiers mettent forcément les crédits auto en avant. Intérêt économique oblige, non pas pour la marge d’intermédiation financière réalisée sur le crédit en lui-même, faible avec des taux aussi bas, mais tout simplement car un crédit à taux faible attire les clients et cela dope donc les ventes. Tout crédit coûte à son emprunteur. Certains pensent encore que cela n’est pas toujours vrai, même en cas de crédit à taux zéro. Un crédit à coût de 0€ existe donc, en théorie. L’assurance décès/invalidité n’étant pas obligatoire sur les crédits à la consommation. En pratique, les acheteurs, satisfaits d’avoir bénéficier d’un taux à 0% souscrivent le plus souvent cette assurance minimale, et repartent ainsi au volant de leur voiture, avec un crédit qui n’est plus à 0%.

Un crédit doit être remboursé, c’est évident, et pourtant...

Il n’est pas rare que les vendeurs se lancent dans des démonstrations, chiffres à l’appui, pour prouver que vous avez avantage à souscrire un crédit au lieu d’utiliser votre cash, ou votre épargne. Laissant de côté la question principale : d’où va provenir l’argent pour rembourser ce crédit ? De votre effort d’épargne ? De votre épargne actuelle ? Bon plan ou pas ? Evidemment, tout dépend des conditions financières, du taux du crédit proposé et du taux de rémunération net de votre épargne.

Prenons un exemple d’achat : le financement de votre prochaine voiture.
Le vendeur automobile tentera probablement de vous convaincre que souscrire un crédit pour le financement de sa voiture est une bonne opération financière.

Mr le client, votre épargne de 15 000 € vous rapporte 450€ sur 4 ans à 0.75% (Livret A par exemple), cependant mon crédit de 15 000 € sur 4 ans à 0.50% ne vous coûtera que 154€, mieux vaut donc que vous gardiez votre épargne et preniez mon crédit ! Cela peut-être vrai comme faux, tout dépend d’où provient l’argent pour rembourser ce crédit. Si l’effort d’épargne de l’acheteur est actuellement du montant de la mensualité du crédit, c’est vrai pour l’exemple donné, mais si l’acheteur doit puiser dans son épargne disponible, au fil des mois afin de rembourser les mensualités, ce résultat est faux.

Les chiffres donnés par le vendeur sont bien exacts, vous pouvez les refaire avec sa calculette, et pourtant le résultat de la comparaison peut être faux ! Un biais est effectué dans la comparaison, car le vendeur omet de tenir compte de l’effort d’épargne nécessaire pour rembourser le crédit. Si nous considérons le cas ou l’acheteur doit puiser dans son épargne disponible, au fil des mois, afin de rembourser le crédit, le calcul n’est plus aussi simple, et souscrire le crédit, dans le cas où son taux est supérieur à celui du rendement de l’épargne, devient évidemment la plus mauvaise des solutions.

Un crédit dont le taux est supérieur au taux de rendement de l’épargne est forcément désavantageux, le bon sens aura le mérite d’alerter l’épargnant.

Epargne ou Crédit : pas seulement une différence de taux

D’emblée, les chiffres sont révélateurs, vous possédez une épargne qui vous rapporte 0.75% et le prêt que propose le concessionnaire est de 1% (rarement en dessous et généralement hors assurances), inévitablement le prêt présente un taux plus élevé et est donc logiquement plus coûteux. Mais, même si le taux du crédit est inférieur à celui de l’épargne, ce n’est pas pour autant une bonne affaire. Le biais dans la démonstration chiffrée est évident : d’où provient m’argent pour rembourser le crédit ?

L’argent pour rembourser le crédit ne tombe pas du ciel, c’est le biais de la comparaison

Le vendeur peu scrupuleux, en tentant de comparer le coût du crédit par rapport au rendement de l’épargne commet une erreur grossière : il omet de dire l’évidence, qu’implicitement, en cas de crédit vous devrez le rembourser. Et donc vous devez disposer d’une capacité d’épargne équivalente, c’est autant de manque à gagner en intérêts sur votre épargne, qu’il aura pris soin d’omettre, et donc de déduire dans son comparatif, laissant ainsi croire que le crédit peut être plus intéressant qu’utiliser votre épargne. La comparaison est donc biaisée.

La pire situation serait de puiser dans votre épargne pour rembourser le crédit...

En procédant ainsi et en incluant ce manque à gagner sur votre épargne restante, ou en épargnant l’équivalent du montant du remboursement du crédit, les chiffres trouvés correspondront alors au bon sens, en montrant que le crédit, est, dans la très large majorité des cas la solution la plus défavorable.

Voiture : et le leasing alors ?

C’est la grande mode, vous n’achetez plus votre voiture, mais vous la louez, avec une option d’achat au terme du contrat de location si vous le souhaitez. Evidemment, ce n’est en rien une bonne affaire, puisque la voiture ne vous appartient pas. Les sommes versées le sont donc en pure perte, à moins que vous soyez certain de l’acheter à terme. Mais dans ce cas, vous retombez dans le cas du crédit, sauf que le taux sera bien supérieur à celui que vous auriez eu en achetant à crédit dès le début.

  • montant de la location = montant de la perte de valeur d’un véhicule acheté ?

Dans le cas d’un leasing, le seul élément de décision porte le montant de la perte de valeur de votre véhicule au fil du temps, si vous l’aviez acheté en direct. Si le leasing est avantageux pour la première année du véhicule, car ce dernier perd le plus de valeur durant cette période (près de 20% de sa valeur), il ne faudrait alors conserver la location du véhicule que sur des périodes de 12 mois. Le plus souvent, afin d’éviter que les clients ne procèdent ainsi, les concessionnaires imposent le versement d’un premier loyer plus important. Ainsi, le locataire n’a pas le choix et doit conserver au moins le véhicule loué pendant 36 mois.

Achat d’une voiture : chacun reste maître de son portefeuille

Pour relativiser, Le choix se fera plus en fonction de votre situation financière !

  • Le fait de souscrire un prêt auto vous permet de concrétiser rapidement vos envies ou vos besoins.
  • Parfois, la signature d’un prêt (minimum selon les organismes) , concède à l’acheteur la possibilité de protéger le véhicule par le biais de protections parfois très intéressantes (destruction et le vol, remboursement valeur neuve en plus de l’argus, garantie occasion constructeur complémentaire).
  • Conserver votre épargne de sécurité est judicieux et générateur d’intérêts.

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3 commentaires

  • Bonjour,

    Votre analyse est encore plus erronée que celle du vendeur que vous dénoncez.
    A la lecture de cet article on découvre plus un parti pris personnel du rédacteur qu’une analyse financière.
    Vous comparez des taux de placement avec des TAEG ! vous faites mauvaise route.
    Je ne m’aventurerai pas à des contres explications car ce n’est pas mon but.
    Mon but est de dénoncer, les approches "à peu prêt" sur des sujets financiers aussi techniques.
    Concernant les principes de l’économie capitalistique dans laquelle nous sommes et les clés de son succès : posez vous la question.

    Bien à vous

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  • « une erreur de gestion financière sur laquelle nous allons faire la lumière... »
    sauf que votre démonstration est aussi fausse que celle où vous préfériez le tiers provisionnel à la mensualisation de l’impôt.
    À l’époque vous rajoutiez artificiellement 3 mois d’épargne à votre choix pour le justifier.
    Cette fois vous mélangez un peu tout, et ajoutez au besoin des choses fausses. Décryptons (comme vous dites) !
    • Les concessionnaires ont probablement peu d’intérêt économique dans un crédit. 204 €, selon votre exemple, va rapporter très peu après déduction des frais, et donner un surcroît de travail. En revanche, cela facilite les ventes des voitures, et là leur marge est plus importante.
    « les assurances sont toujours obligatoires », c’est ce que vous croyez. La loi n’impose aucune obligation d’assurance à l’emprunteur. L’établissement de crédit choisit lui-même en fonction du montant emprunté et/ou de la durée de remboursement si il prête sans assurance ou seulement avec assurance.
    Donc un crédit à coût 0 € existe. Pour des travaux dans la maison (fenêtres et porte sur mesure), c’est particulièrement intéressant : vous n’avez pas à payer l’acompte 30 %, et vous ne commencer le remboursement que le mois qui suit la pose.
    « le bon sens aura le mérite d’alerter l’épargnant... » À chaque fois que vous employez « le bon sens » comme argument, cela devrait vous alerter sur le fait que vous vous trompez. Exemple : levez les yeux vers le ciel toutes les heures pendant une journée bien ensoleillée. À la fin de la journée, votre « bon sens » vous dira que le soleil tourne autour de la Terre. En revanche, si malgré votre observation, vous faites plutôt appel à votre intelligence et à vos connaissances, il est probable que vous conclurez votre journée par « Et pourtant, elle tourne ! »
    Je dépense 204 € pour conserver un rendement de 450 €, le « bon sens » du vendeur annonce un gain de 246 €.
    Le taux d’intérêt de ma dépense est plus important que le taux d’intérêt de mon rendement, votre « bon sens » dit que le rendement sera inférieur à la dépense.
    Alors on fait comment pour arbitrer entre les « bon sens » ?
    On vérifie que le contrat du vendeur dit 204 € et puis c’est tout ; on vérifie que 15 000 à 0,75 % donne bien 450 € en quatre ans.
    En fait c’est plus, car les intérêts sont capitalisés chaque fin d’année et produisent des intérêts.
    En revanche il faut prendre le pari que le Livret A ne passera pas sous 0,75 % pendant 4 ans.
    On peut arriver à faire mieux, car Distingo propose parfois du 3 % (2,1 % net) pendant 2 mois, BforBank du 2,2 % pendant 3 mois (1,155 % net) si on prend en compte la perte de deux quinzaines.
    Et à la fin on se souvient que les Taux, les TEG et les TAEG (en attendant la version 4) ne veulent rien dire.
    « L’argent pour rembourser le crédit ne tombe pas du ciel... » Ah, évidemment si vous remplacer l’intelligence, la compréhension, les mathématiques… par la bonne vieille sagesse populaire bien grasse cela va être difficile de parler d’économie.
    Le vendeur omet de dire que vous allez devoir rembourser le crédit. Les vendeurs, ça ose tout !
    Gribouille se jeter dans une mare tout habillé, pour échapper à la pluie ; et vous, vous proposez de faire disparaître immédiatement 15 000 € d’épargne, qui rapportent déjà, pour ne pas perdre 316,75 € de capacité d’épargne mensuelle.
    Vous êtes sérieux en parlant de « moins-values sur votre épargne » ? Non bien sûr, j’ai la réponse immédiatement après :
    « les chiffres trouvés correspondront alors au bon sens ». Bingo !
    Emprunter plutôt que puiser dans l’épargne est même recommandé s’il s’agit de ne pas vider l’épargne de précaution.
    Exemple : j’ai absolument besoin d’une voiture, je n’ai que 15 000 € d’épargne, on me propose un emprunt à taux ridicule 0,75 %.
    Je suis votre conseil : je vide mon épargne. Trois mois après ma chaudière rend l’âme sans prévenir. Je fais le tour des chauffagistes, et des banques, personne ne me propose un taux aussi ridicule.
    Le « bon sens », ça pue.

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    • Merci pour votre contribution.

      Vous avez raison l’assurance d’un prêt à la consommation n’est pas obligatoire, mais est souvent recommandée par l’organisme prêteur.

      Pour ce qui est du reste, certains lecteurs m’affirment encore que l’année fiscale 2018 n’est pas blanche sur les revenus non exceptionnels. Donc pas de souci.

      Un point sur lequel je vous rejoins, liquider toute son épargne de précaution pour acheter une voiture ne me semble pas opportun. L’épargne de précaution devant servir pour les dépenses non prévues, type panne de chaudière comme vous l’évoquez.

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