La réforme de l’assurance-vie 2018 tant attendue fait une nouvelle fois pschitt !

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Sans grande déception ni surprise, la réforme de l’assurance-vie promise n’aura donc pas encore lieu cette année. Seuls engagements issus du projet de la loi PACTE, la promotion de ces fonds eurocroissance, peu convaincants, la généralisation des fonds euros bonifiés et les unités de compte en faveur de l’investissement dans le capital de PME. Bref, tout existe d’ores et déjà. Aucune nouveauté.

Le projet de la loi PACTE, qui sera présentée début mai au gouvernement, a été dévoilé. Si en épargne retraite, quelques mesures de possibilité de transferts entre les produits épargne retraite existants (PERP, article 83, PERCO, madelin) sont évoqués, du côté de l’assurance-vie, pourtant un pilier de l’épargne retraite des Français, ce projet de loi semble avoir été vidé de sa substance. La montagne accouche d’une souris.

Adieu fonds euros moribonds ? Bonjour fonds eurocroissance ?

La direction est donnée. Le gouvernement s’obstine, comme les précédents, à vouloir faire financer les PME par l’épargne des Français. Cela s’appelle, de l’autre côté de l’Atlantique, des fonds de pension. Mais en France, tout le monde est d’accord, nous ne voulons pas de ces fonds de pension qui ont conduit des millions d’américains à reprendre le travail après la crise financière de 2007. Alors, comment exposer le capital aux risques financiers du financement d’entreprises, tout en le garantissant ? Ce n’est pas vraiment possible... Hormis en le plaçant sur le très long terme. Un peu à la manière des fonds eurocroissance, un capital partiellement garanti à l’échéance, avec un rendement inconnu à l’avance, sur une durée de placement de 8 ans... Sympathique comme placement.

Pourquoi l’épargne retraite des Français devrait-elle financer les PME ?

Alors pourquoi s’obstiner à vouloir faire prendre des risques aux épargnants sur leur épargne retraite ? La montagne des 1.700 milliards d’euros dormant dans les comptes des assureurs (oui, car en assurance-vie, les primes versées appartiennent juridiquement aux assureurs, et non aux assurés) ferait baver plus d’un investisseur en capital-investissement. Sans doute la combinaison d’une volonté politique avec celle des assureurs, scotchés avec ces fonds euros plombés par les taux négatifs. Faire bouger l’épargne des Français, placée à 80% sur des fonds euros, eux-même investis à hauteur de 40% dans la dette du pays, est une porte de sortie de secours. La hantise étant toujours que si les taux grimpent fortement, les assureurs auraient bien du mal à faire face aux rachats des contrats pour placer à meilleur compte. D’autant plus qu’avec la nouvelle fiscalité 2018, faire racheter un contrat de moins de 8 ans n’est plus soumis à une pénalité fiscale. Par ailleurs, si notre pays était moins endetté, de fait, plus de capitaux seraient disponibles pour le financement des entreprises. Mais évidemment il est beaucoup plus facile de s’attaquer à l’épargne des Français que de réduire le train de vie du pays.

Eurocroissance, puissance 10, en seulement 2 ans

La parade est donc toute trouvée. Les propositions de la loi PACTE sont tombées. Les fonds eurocroissance devront donc décupler, au sens littéral du terme, donc multiplier par 10, leurs avoirs d’ici deux ans, en passant de 2 à 20 milliards d’encours. Autrement dit, un sacré challenge marketing pour les assureurs pour convaincre les épargnants d’investir sur une durée longue, sans garantie réelle d’une performance positive.

Fonds en euros bonifiés, plus vous placez longtemps, plus le rendement augmente, enfin, en théorie...

De même, les fonds euros à capital partiellement garanti seront de plus en plus mis en avant. Ces fonds euros bonifiés, dont une partie du capital n’est plus garanti, permettant ainsi d’aller chercher du rendement sur les marchés financiers.

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