Crédit immobilier : la Banque de France prête à demander un assouplissement des critères d’octrois

Le surendettement des Français pourrait exploser en 2021 © Francetransactions.com/stock.adobe.com
Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau se dit prêt à proposer un ajustement de certains critères d’octroi des crédits bancaires, durcis fin 2019, à condition toutefois que cela n’entraîne pas d’exposition accrue des ménages au surendettement.

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Du bon équilibre entre protection du surendettement et octroi des crédits

Depuis fin 2019, les conditions d’octroi des crédits immobiliers se sont fortement renforcées. Alors que les prix de l’immobilier n’en finissent plus de grimper, que les revenus sont en baisse, de plus en plus de Français n’ont plus accès à l’acquisition immobilière. Par ailleurs les banques constituent des provisions financières importantes, le coût du risque grimpe et les défauts de remboursements de crédits sont attendus en forte hausse en 2021. Si les banques desserrent trop leurs conditions le risque est simple : des emprunteurs en situation financière délicate dès la moindre difficulté. Et les récentes conditions montrent que cela peut arriver n’importe quand. De nouvelles aides financières, de 150€ par mois pendant 6 mois, sont proposées aux nouveaux chômeurs, ayant perdu leurs emploi depuis la crise sanitaire.

Vers un léger assouplissement des conditions d’octroi

"Je suis prêt à proposer un ajustement limité, raisonnable, de certains critères, mais à la condition qu’on garde clairement et fermement le cap : celui d’arrêter une dérive continue des conditions d’octroi, qui exposerait les ménages au risque de surendettement", a déclaré le banquier central dans un entretien à Alternatives économiques publié mercredi. Ces propos surviennent à la veille d’une réunion du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), l’autorité française chargée d’exercer la surveillance du système financier dans son ensemble, dans le but d’en préserver la stabilité et la capacité à assurer une contribution soutenable à la croissance économique. "Les taux très bas ont permis à un nombre important de ménages, notamment les jeunes, de pouvoir emprunter plus facilement. À tel point que depuis que le Haut Conseil de Stabilité Financière a formulé fin 2019 des recommandations simples sur la durée maximale des crédits, ou le taux d’effort (la mensualité rapportée au revenu), beaucoup de voix ont protesté ! Nous allons faire le bilan dans notre réunion" jeudi sous la présidence du ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, a précisé M. Villeroy de Galhau.

Pas de crédit au-delà de 25 années

Fin 2019, le HCSF, qui rassemble notamment le ministère de l’Économie et la Banque de France, avait en effet recommandé aux banques de ne pas octroyer de crédit immobilier sur plus de 25 ans. Il leur avait aussi demandé de ne pas accepter de dossiers dans lesquels les remboursements représenteraient plus d’un tiers des revenus du ménage. Ces annonces avaient marqué un tournant pour les autorités financières, qui affichaient jusqu’alors leur sérénité face à un marché français du logement en plein essor.

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