Des riches qui veulent payer plus ?

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Hier, mercredi 17 août, les français Maurice Levy et Pierre Bergé ont rejoint les positions des milliardaires américains et appelé à une taxation plus importante des plus gros revenus en France. Détails...

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Après les Américains, c’est au tour des Français !

Suite au billet de Warren Buffet dans le New York Times appelant le gouvernement américain à taxer plus les "méga-riches" et se déclarant lui même enclin avec une partie de ses "collègues" à faire un effort considérable, un mouvement pour la taxation des riches semble s’emparer de l’Hexagone.

Le milliardaire américain, 3e fortune mondiale en 2011, indiquait dans sa tribune n’avoir reversé que 17,4% de ses revenus l’année passée (environ 7 millions de dollars) quand certains de ses collaborateurs beaucoup moins fortunés étaient taxés à hauteur de 33 à 40% de leurs revenus.

Après le scandale de l’affaire Bétancourt, et la révélation par Mr Carrez à l’assemblée nationale de la faible taxation des sociétés du CAC 40, l’idée de taxation des très gros revenus commence à faire son chemin en France.

Dernier exemple en date, les interventions mercredi 17 août de Maurice Levy, patron de Publicis, et Pierre Bergé, ancien PDG de Saint-Laurent et proche du parti socialiste, qui ont fait savoir qu’ils étaient prêt à participer à "l’effort de solidarité visant à réduire le déficit de la France". Sur ce sujet, les plus grosses fortunes de France Arnault, Mulliez ou Betancourt restent cependant silencieuses.

Hier, dans sa tribune publiée dans Le Monde, Maurice Levy qui est aussi le président de l’Association française des entreprises privées, jugeait "indispensable que l’effort de solidarité passe d’abord par ceux que le sort à préservés". Il était rejoint sur ce point par Jean Arthuis, président de la commission finances du Sénat qui indiquait pour sa part que "les riches ne paient pas suffisamment d’impôts".

Mieux vaut tard que jamais !

Si l’Etat Français, ne veut en aucun cas relever le niveau général des impôts, la taxation des riches est un sujet apparemment "en vogue" en ce moment.

Outre la suppression de nombreuses niches fiscales qui permettent aujourd’hui à beaucoup de grosses fortunes en France de diminuer leur contribution à l’impôt, Valérie Pécresse, ministre du Budget, évoquait hier la possibilité d’une taxe sur les très haut revenus qu’elle qualifiait de "rémunérations parfois extravagantes". Elle faisait ainsi référence aux ménages dont les revenus annuels dépassent 1 millions d’euros que Gilles Carrez propose lui de taxer exceptionnellement "à hauteur de 2% de leur budget de référence".

Si l’idée d’une taxation des très hauts revenus parait bonne, la solution la plus simple et qui vient tout de suite à l’esprit quand on lit les grandes déclarations des plus nantis dans la presse reste le don.

"Bonjour ! C’est pour faire un don à l’Etat"

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C’est dans cette optique qu’a été mis en place un système de don au Trésor Publique aux Etats-Unis où "le donateur peut payer par carte directement sur le site ou par chèque libellé à l’ordre du Bureau de la dette publique". L’envoie doit être accompagné d’une note précisant que c’est "un don pour réduire la dette publique" révèlent Les Echos. Ainsi, aux Etats-Unis il est désormais possible de réduire la dette américaine via PayPal directement sur le site du Trésor Publique. Qu’en est il de la France ?

Le site internet Rue89.com a publié, mercredi 17 août, une enquête sur la possibilité de faire un don à l’Etat, et si la teneur de l’article peut rendre hilare, la situation est pourtant assez dramatique.....

En effet, on y apprend que malgré l’existence dans le code général de la propriété des personnes publiques d’un article intitulé "don en remboursement de la dette", la plupart des organes de l’état et de ses fonctionnaires y sont totalement étrangers.

Pire, quand l’auteur de l’article parvient enfin à trouver un interlocuteur capable de lui expliquer le fonctionnement de ce don, la procédure est d’une complexité rocambolesque et comble du mauvais goût, ce don n’est pas exonéré d’impôt !

On attendra donc le 24 août, date à laquelle François Baroin, ministre de l’économie, et Valérie Pécresse doivent soumettre leurs propositions pour réduire le déficit publique, pour voir véritablement les avancées en matière de taxation des français les plus fortunés.

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