Assurance-vie : quelle commission perçoit votre intermédiaire financier sur votre contrat ?

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Que vous souscriviez auprès d’une banque, d’un courtier ou d’un CGP non indépendant, votre intermédiaire financier perçoit une commission, à la souscription de votre contrat, mais également des rétrocessions sur vos encours. Détails.

Il faut bien que tout le monde vive. Ce n’est même plus un secret de polichinelle tellement c’est évident : afin d’être rétribué pour les excellents conseils que vous distillent votre intermédiaire financier, que ce soit votre banquier, un courtier ou un CGP non indépendant, des commissions lui sont versées par l’assureur de votre contrat, dépendant de vos encours sur les différents supports investis.

De grands pas vers la transparence...

De plus en plus d’intermédiaires financiers publient le montant de leurs commissions. A partir du 1er janvier 2018, ce sera du reste obligatoire. Impact direct de l’application de la réglementation européenne MIF2, les CGP indépendants devront même s’engager à reverser à leurs clients l’intégralité des commissions perçues, afin de respecter leur totale indépendance vis à vis des contrats et supports préconisés. La révolution du conseil financier indépendant est en marche...

Ces fameux frais sur versement

Lorsqu’ils existent, les frais sur versement sont en grande partie reversés à votre intermédiaire financier. Généralement d’ailleurs, ce dernier ne s’en cache pas, et vous l’indique ouvertement. D’autant plus que vous tentez à chaque fois de les négocier à la baisse, votre intermédiaire aura tendance à vous rétorquer : "il faut bien que je vive aussi...". L’assureur peut imposer un pourcentage de frais sur versement minimal (1% le plus souvent), afin que l’intermédiaire ne tente pas le tout pour le tout. Dans de tels cas, l’assureur conservera 0.50% des frais sur versement.

Mais ce n’est pas tout. Votre intermédiaire va percevoir des commissions durant toute la vie de votre contrat, sur l’encours investi. Les commissions varient selon les supports investis. En revanche, si vous pouvez négocier les frais sur versement, les frais de gestion sont eux, non négociables.

Le fonds en euros ne rapportent que peu de commissions

C’est l’évidence même. Puisque 80% des fonds placés en assurance-vie sont investis sur des fonds en euros, la commission versée par l’assureur sera faible. De fait, ce dernier n’a pas non plus de grande marge de manœuvre pour dégager des profits, les rendements allant vers le bas depuis plus d’une dizaine d’années... Votre intermédiaire n’aura donc que peu d’intérêts à vous inciter à placer sur le fonds euros, car l’assureur, de son côté, n’en aura aucun. La commission sur encours sera lors de 0.10% pour un fonds euros classique, sensiblement plus pour un fonds euros dynamique, car les rendements sont largement plus aléatoires.

Vos unités de compte financent en partie les commissions de votre intermédiaire !

Sans surprise, l’assureur de votre contrat a plus de latitude sur les unités de compte pour dégager du rendement et donc du profit. Il aura donc naturellement intérêt à inciter financièrement votre intermédiaire à recommander l’investissement en unités de compte. Selon les assureurs et les unités de compte, ces commissions oscillent entre 0.60% et 2% des encours, soit bien au-delà des seuls frais de gestion. Une part du rendement de votre unité de compte, que vous ne percevez pas, sert donc à rétribuer votre intermédiaire financier.

Et alors ? Comment payer moins de commissions pour percevoir plus de rendements ?

La seule alternative pour un épargnant de choisir un CGP indépendant. Au 1er janvier 2018, ce dernier ne pourra, en aucun cas, percevoir une commission de la part de l’assureur. Il sera alors tenu de vous la reverser, si toutefois l’assureur ne peut agir différemment envers votre intermédiaire.

Mais restons cohérents, comment ce CGP indépendant pourra-t-il être rétribué ? Des conseils avisés, des recommandations de plusieurs contrats concurrents pour vous permettre de choisir en toute indépendance, le CGP indépendant n’aura aucune autre alternative que de fonctionner sur la base de facturation de conseils. Ce sera donc à l’épargnant d’arbitrer entre un CGP indépendant, en payant des frais de conseils (par exemple, 350 €, pour un suivi patrimonial annuel) et son intermédiaire financier (CGP non indépendant, banquier, courtier) pour lequel ses placements paieront indirectement les commissions.

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