Rigueur budgétaire : La hausse sans précédent des impôts pourrait créer une nouvelle crise

A trop vouloir respecter les objectifs budgétaires, nombre d’économistes tirent le signal d’alarme : une trop forte hausse de la fiscalité pourrait créer une nouvelle crise, encore plus dure que la précédente.
Rigueur budgétaire : La hausse sans précédent des impôts pourrait créer une nouvelle crise
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Rigueur budgétaire : la dette des Etats... un gouffre sans fond ?

Le chef de l’Etat a annoncé une hausse des impôts de 10 milliards pour les ménages et d’autant pour les entreprises pour 2013. Associée aux autres augmentations qui vont ou pourront être appliquées prochainement dans un objectif de réduction du déficit (gel du barème des impôts, CSG, TVA, isf...), la hausse des impôts est sans précédent.

Une augmentation "inévitable" compte-tenu de la situation économique du pays. François Hollande souhaite impérativement le ramener à 3% du PIB. Un objectif qui reste difficile à atteindre dans le contexte économique actuel, sans prendre des mesures radicales concernant les dépenses et les recettes du pays.

Les hausses d’impôts impliquent logiquement une baisse du pouvoir d’achat des ménages et donc de la consommation. La hausse d’imposition des entreprises est également néfaste pour l’emploi, alors que le chômage atteint actuellement les 10%. L’impact sur l’activité est inévitable.

Trop d’impôts tue l’impôt !

Le gouvernement a basé son objectif de redressement en fonction d’une prévision de croissance en deçà des prévisions réelles soit 0.8% pour 2013.
Le trou à combler s’élève à 30 milliards qui vont être compensés par les 20 milliards de hausses d’impôt et 10 milliards de restrictions des dépenses de l’Etat. Un processus qui, en freinant la consommation, freinera l’activité et fera ainsi baisser la croissance.

Fiscalité importante, une crise auto-entretenue

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Rigueur budgétaire : La hausse sans précédent des impôts pourrait créer une nouvelle crise © Fotolia.com

De façon claire, si 30 milliards sont gagnés d’un côté, plusieurs seront inévitablement perdus de l’autre, du seul fait su ralentissement de l’activité lié à cette imposition. L’objectif ne sera donc pas atteint et il faudra de nouveau mettre en place des mesures pour combler le déficit restant. C’est en fait un cercle vicieux difficile à enrayer, une crise auto-entretenue, en quelque sorte.

Rigueur budgétaire : le déficit structurel mène la danse

La France est donc dans une situation délicate, car la remise à flot de la croissance est indispensable pour sa crédibilité au niveau européen et mondial. Le pays est sous pression car il faut réduire le déficit annuel à 3% du PIB au plus vite, pour conserver la faveur des marchés et consolider sa relation avec Berlin et les pays de l’Union Européenne.

Le gouvernement est donc contraint de maintenir son déficit structurel (solde des finances publiques sans tenue compte de l’impact de la conjoncture).

Le déficit structurel est une notion assez technique et importante. C’est d’ailleurs sur cette dernière que repose la règle d’or sur l’équilibre des finances publiques prévue par le nouveau traité européen.

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