Fin des fonds euros classiques : pour Generali France, la solution passe par les fonds eurocroissance

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Chose promise, chose due. C’était le deal de la loi PACTE entre les assureurs et le gouvernement. Pousser les épargnants à investir sur les fonds eurocroissance afin de décupler les encours. Nul besoin donc de déployer de grands plans marketing. Il suffit de confirmer la fin des fonds euros traditionnels, et de placer quelques restrictions supplémentaires pour les épargnants qui s’acharnent à vouloir placer leur argent sur ces fonds euros moribonds. Generali entend bien créer un précédent sur le marché en plaçant un minimum de 60% sur une unités de compte à chaque versement, dès 2020, en espérant que la concurrence en fasse de même. Sauf que...
Fin des fonds euros classiques : pour Generali France, la solution passe par les fonds eurocroissance
Mort des fonds euros classiques ©FranceTransactions.com

Une interview de Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France, un des premiers assureurs en France, dans le quotidien les Echos, semble émouvoir la presse financière. Les fonds en euros traditionnels seraient en passe de mourir. Mais quelle surprise ! La solution ? Les fonds eurocroissance bien-sûr ! Comme par hasard, sachant que les assureurs se sont engagés à décupler les encours sur les fonds eurocroissance en seulement deux années. Cela tombe bien. Quelle chance ! Inutile de remettre sur le tapis le siphonnage des fonds euros par les fonds eurocroissance......

La fin des fonds euros traditionnels ? Vous plaisantez ou quoi ? Cela fait déjà plusieurs années qu’ils sont morts !

Évolution du taux de rendement moyen net des fonds euros (en rouge), inflation annuelle déduite (en bleu)
© FranceTransactions.com

Il faudrait que les épargnants comprennent que les fonds en euros traditionnels, principalement à base de lignes obligataires sur les emprunts d’Etat, c’est bel et bien fini. En 2018, le rendement moyen des fonds euros du marché, inflation déduite, était négatif à -0.11%. En clair, les épargnants ont perdu de l’argent en plaçant sur des fonds euros moribonds. Les fonds euros traditionnels sont devenus de vraies machines à perdre de l’argent. Seuls les épargnants se détournant de la gestion de leur capital ne s’en aperçoivent pas. Et oui, ces derniers sont malheureusement les plus nombreux.

La politique de taux négatif de la BCE, sauf nouvelle crise financière de la dette dans les mois à venir, est partie pour durer. Les assureurs n’ayant pas imaginé que cette situation puisse être la réalité un jour, comme tout le monde du reste, le modèle du fonds euros obligataires traditionnels ne peut plus être rentable.

Ainsi confirme Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France, dans les colonnes des Echos : « On est entré en terrain inconnu et on se prépare à ce que cela dure. Nous croyons plus que jamais à l’assurance-vie mais compte tenu de cette situation sans précédent, il faut revisiter le modèle d’épargne. Le modèle de la sécurité absolue, de la liquidité permanente, de la garantie totale et à tout instant du capital, qui est finalement une réplication du modèle du Livret A, est à bout de souffle. Le monde du fonds euros roi est terminé ! »

Les fonds euros alternatifs existent depuis plusieurs années

Fonds euros immobiliers, fonds euros dynamiques, fonds euros à prise de risques, ou autres, les alternatives aux fonds euros traditionnels existent. Les épargnants ne découvrent pas cette année que les fonds euros traditionnels sont morts. Demandez donc aux épargnants équipés de ces contrats bancaires, dont le taux de rendement des fonds euros ne dépassent pas l’inflation depuis plusieurs années, truffés de frais sur versement...

Hugues Aubry, membre du comité exécutif Generali France, en charge du marché de l’épargne et de la gestion de patrimoine ne perd pas le nord. Les fonds eurocroissance, c’est l’avenir : «  Une stratégie patrimoniale, cela se construit avec du conseil et non un produit miracle. Pour tous les flux nouveaux, il faut installer un modèle qui permette de jouer à fond toute la diversification possible des supports éligibles à l’assurance-vie. De ce point de vue, nous donnerons toute sa place à l’eurocroissance »,

Ainsi selon Generali France, les épargnants auraient ainsi tout intérêt à se diriger vers l’eurocroissance, un produit à mi-chemin entre les fonds euros et les unités de compte. L’eurocroissance permet ainsi de donner une garantie seulement à un certain horizon et de ne protéger le capital que sur 80 ou 90 %. Juste un détail, le rendement du fonds eurocroissance n’est connu qu’à son terme... Un placement tunnel qui n’a rien à voir avec un fonds euros.

Fonds en euros : des rendements misérables en 2019 chez Generali ?

«  Nous ne voulons pas donner l’illusion qu’il serait encore possible de servir un rendement à 1,50 % pour un contrat en fonds euros alors que le taux sans risque est négatif  », insiste Jean-Laurent Granier. Un raccourci qui ne manquera pas de faire tousser les épargnants détenteurs de lignes obligataires, mais cela a l’avantage de marquer les esprits.

Conditions de versement sur les fonds euros : 60% en unités de compte et retour des frais sur versements sur les fonds euros

Generali va procéder à la fermeture de deux fonds euros, France 2 et Euro Innovalia, qui étaient du reste, moribonds. Mais l’assureur compte forcer les épargnants à cesser de placer sur les fonds euros survivants. « Pour tirer pleinement les conséquences de ce contexte de taux, il faut être majoritairement en unités de compte sur la collecte et minoritairement en fonds euros », affirme Hugues Aubry. Sur les nouveaux flux, l’assureur veut ainsi mettre une contrainte de 60% d’investissements en unités de compte. Il réfléchit aussi à rétablir en 2020 des frais d’entrée sur les fonds euros.

Des pratiques totalement inacceptables. Les épargnants devraient donc scruter de près les propositions faites par les PER Plan Épargne Retraite et pourquoi pas transférer leurs contrats d’assurance-vie vers ces nouveaux produits. Des passerelles seront possibles. D’un autre côté, les épargnants, friands d’assurance-vie, pour des raisons fiscales, de succession, peuvent dont s’apprêter à comparer les offres de contrats d’assurance-vie. Tous les assureurs ne devraient pas suivre cette initiative, la vérité est ailleurs.

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