Immobilier neuf : déficit de construction de 200.000 logements en 2014, un léger mieux attendu pour 2015

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Le marché de l’immobilier neuf est en berne. Cela fait 17 ans que le nombre de construction de logements neufs n’a pas été aussi bas en France. La faute à la crise, au chômage, et au dispositif Duflot moins avantageux que le Scellier. Avec le Pinel, un léger mieux est attendu pour 2015.
Immobilier neuf : déficit de construction de 200.000 logements en 2014, un léger mieux attendu pour 2015
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L’année 2014 a été très mauvaise pour la construction de logements neufs en France, le nombre de mises en chantier passant en-deçà de la barre symbolique des 300.000 logements pour la première fois depuis 17 ans, alors qu’un petit rebond est espéré cette année.

Après un recul de 4,2% en 2013, les mises en chantier ont chuté de 10,3% l’an dernier pour s’afficher à 297.532, contre un objectif gouvernemental de 500.000, selon les chiffres publiés mardi 27 janvier par le ministère du Logement.

Ce chiffre est aussi nettement inférieur à la moyenne des dix dernières années —* de l’ordre de 347.000 logements —* et il faut remonter 17 ans en arrière, à 1997 pour retrouver un niveau aussi faible (287.104 mises en chantier).

2014 : une année noire pour le logement neuf

"Nous nous attendions à une très mauvaise année, elle est conforme à ce que nous redoutions : nous sommes passés sous la barre des 300.000 logements", commente auprès de l’AFP François Payelle, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).
"Il manque des centaines de milliers de logements en France, et non seulement on ne comble pas le retard, mais on l’aggrave", déplore-t-il.
"La baisse est assez marquée cette année, la construction a suivi la correction assez forte des ventes de logements neufs", observe Olivier Eluère, économiste de Crédit Agricole. Par rapport au plus haut de 2007, les ventes ont ainsi reculé de 37 à 40% tandis que les mises en chantier ont baissé de 36%, calcule-t-il.

Car de fait la correction du marché immobilier n’a pas été généralisée : elle a été plus forte dans le neuf que dans l’ancien, qui avec quelque 700.000 transactions annuelles, demeure à des niveaux d’activité élevés, note l’économiste.

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"Du côté des ménages accédants classiques, un cumul de facteurs négatifs a joué en 2014 : la hausse du chômage, les perspectives jugées très incertaines, le poids des normes (qui renchérissent les coûts de construction, ndlr) et le niveau élevé des prix" de l’immobilier neuf, énumère-t-il.

Ainsi le prix d’un appartement neuf est-il en moyenne de 3.900 euros le m2 en France contre environ 3.300 euros le m2 pour un appartement ancien, ce qui explique que les ménages aient pu "arbitrer en faveur de l’ancien".

Et du côté des investisseurs, qui achètent un logement neuf pour le louer, "la hausse de la fiscalité sur les plus-values et les aspects plus contraignants du dispositif duflot, par rapport au scellier, ont fait chuter les ventes" de logements neufs, rappelle Olivier Eluère.

Par type de logement, sur la période, les mises en chantier de logements ordinaires sont ressorties en baisse de 12,5% à 273.860 unités l’an dernier.

Et l’an dernier, le nombre de permis de construire accordés pour des logements neufs a aussi dégringolé de 12% par rapport à 2013, pour s’établir à 381.075.

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Pour soutenir l’activité du secteur, le gouvernement a pris des mesures de relance, axées notamment sur l’amélioration du prêt à taux zéro (PTZ), l’aménagement du dispositif fiscal pinel pour l’investissement locatif et la simplification des normes de construction -* avec un raccourcissement des délais d’obtention des permis de construire.

Selon Olivier Eluère, ces mesures de soutien, adoptées dans le budget 2015 "devraient permettre un petit rebond du nombre de ventes de logements neufs promoteurs (commercialisés par ces derniers, ndlr), de l’ordre de 5%, cette année".

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