Fiscalité Assurance-Vie 2018

Publié le , mis à jour le

Fiscalité Assurance-Vie : prélèvements sociaux, flat tax / PFU, imposition des plus-values des fonds euros, des unités de compte. Traitement fiscal des successions. Les exonérations d’imposition possibles.

Des changements de fiscalité importants en 2018

La fiscalité de l’assurance-vie a évolué depuis le 27 septembre 2017, tout comme au 1er janvier 2018. Les évolutions majeures concernent l’application de la flat tax ou PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique), ainsi que la hausse des prélèvements sociaux.

Prélèvements sociaux à 17.20%

La hausse des prélèvements sociaux à 17.20% impacte directement les rendements des fonds euros, tout comme les produits issus des unités de compte. Ainsi, les produits issus des contrats, à partir du 1er janvier 2018, seront donc soumis au taux de 17.20%.

Produits issus des fonds euros

Les prélèvements sociaux sont prélevés à la source, chaque année sur les intérêts servis par le ou les fonds euros de chacun des contrats. C’est pourquoi les taux publiés par les assureurs, à chaque début d’année, ne sont pas ceux perçus par les épargnants sur les contrats. La différence étant le montant des prélèvements sociaux.

A noter : les intérêts servis, au titre de l’année 2017, seront soumis au taux 2017, à savoir 15.50%. C’est la date de valeur qui détermine le taux à utiliser, et non pas la date de versement des produits.

Produits issus des unités de compte

Les prélèvements sociaux ne peuvent être calculés sur les plus-values des unités de compte que lorsqu’une cession partielle ou totale est effectuée (arbitrage, rachat partiel, rachat total). Dans ce cas, les prélevés sociaux sont ajoutés à ceux du ou des fonds euros pour le prélèvement annuel. Le détail du prélèvement est fourni par l’assureur.

En effet, le capital déposé sur un contrat d’assurance-vie est la propriété de l’assureur. L’assuré n’a qu’un droit de créances sur le capital placé. C’est pourquoi l’assuré n’est pas imposé dès la réalisation de plus-values sur ses unités de compte, tout comme sur son fonds euros.

Prendre date en assurance-vie ne sert plus à rien

Fin du cap des 8 années à attendre pour atteindre une fiscalité avantageuse en assurance-vie. Le seuil des 4 ans est supprimé. Depuis le 1er janvier 2018, quelque soit l’ancienneté des contrats, avant 8 années de détention, tous les produits sont imposés à la Flat Tax. Le fait d’attendre 8 ans avant de racheter son contrat n’a donc plus aucun intérêt.

Imposition des produits des contrats d’assurance-vie

Ce barème concerne les nouveaux versements effectués sur des anciens contrats, après le 27/09/2017, ou pour des contrats souscrits après le 1er janvier 2018.

Fiscalité sur les produits des contrats d'assurance-vie, applicables au 01/01/2018.
Fiscalité des produits pour un contrat d'assurance-vie, au-delà de l'abattement de 4 600€ (9 200€ pour un couple) pour un contrat détenu plus de huit années.
Placements Assurance-Vie Durées de détention du contrat Prélèvements sociaux (1) Taxation Imposition globale
Assurance-Vie (1)moins de quatre ans17,20 %12,80 %30,00 %
entre quatre et huit ans17,20 %12,80 %30,00 %
au-delà de huit ans17,20 %Un abattement de 4 600€ (9 200€ pour un couple) par an est applicable sur les plus-values17,20 %
au-delà de huit ans et de l'abattement17,20 %12,80 %30,00 %
(1) : Fonds en euros : les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année sur le contrat. Les produits ne sont taxées que lors du retrait du contrat.

Ancien barème applicable aux versements ante 27/09/2017

Les assurés dont l’encours dépasse les 150.000/300.000€ en assurance-vie ne bénéficient pas de ce barème.

Fiscalité sur les produits des contrats d'assurance-vie, applicables au 01/01/2017.
Fiscalité des produits pour un contrat d'assurance-vie, au-delà de l'abattement de 4 600€ (9 200€ pour un couple) pour un contrat détenu plus de huit années.
Placements Assurance-Vie Durées de détention du contrat Prélèvements sociaux (1) Taxation Imposition globale
Assurance-Vie (1)moins de quatre ans17,20 %35,00 %52,20 %
entre quatre et huit ans17,20 %15,00 %32,20 %
au-delà de huit ans17,20 %Un abattement de 4 600€ (9 200€ pour un couple) par an est applicable sur les plus-values17,20 %
au-delà de huit ans et de l'abattement17,20 %7,50 %24,70 %
(1) : Fonds en euros : les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année sur le contrat. Les produits ne sont taxées que lors du retrait du contrat.

27 septembre 2017 : mise en place de la Flat Tax/PFU

La fiscalité de l’assurance-vie est complexe. Entre les dates de souscription du contrat, les dates de versement et les dates de changement de fiscalité, difficile de s’y retrouver. Une liste des questions/réponses sur la flat tax/PFU concernant l’assurance-vie peut vous aider à y voir un peu plus clair.

  • Contrats de plus de 8 ans, versements effectués AVANT le 27/09/2017

Pour les versements effectués avant le 27/09/2017, rien ne change, que l’encours de l’assuré dépasse, ou pas, les 150.000€ du plafond de la flat tax. C’est le barème de la fiscalité classique sur les produits qui s’appliquera.

  • Contrats de plus de 8 ans, versements effectués APRES le 27/09/2017

Pour les assurés dont l’encours net des produits ne dépasse pas les 150.000€ au 31/12 de l’année précédente, la fiscalité portant sur les produits reste inchangée, quelque soit la date de versement des primes ayant générés des produits. Les assurés dont l’encours net dépasse les 150.000€ sont soumis à la flat tax.

  • Rachat effectué entre le 27/09/2017 et le 01/01/2018

Les rachats effectués sur cette fin d’année ne sont pas concernés par toutes ces modifications de la fiscalité, la loi de finances 2018 n’étant pas encore promulguée.

Option d’imposition à choisir lors des rachats : IR ou PFU ou IR+PFU ?

Fiscalité des produits en assurance-vie
Fiscalité des produits en assurance-vie © Guide Épargne - FranceTransactions.com

A chacun de vos rachats, partiels ou total, vous devez indiquer à l’assureur votre option : soit l’imposition des produits avec vos revenus (IR), soit l’option du PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique / Flat Tax). Plus de 90% des épargnants ont avantage à opter pour le PFU. Que ce soit via le PFU ou l’IR, l’application de l’abattement de 4.600 ou 9.200€ pour un couple marié reste identique.

- Toujours demander l’option IR jusqu’au plafond de l’abattement

Néanmoins, il convient donc de demander à l’assureur, pour un rachat donné, dont le montant des produits imposables dépasse le plafond de l’abattement, d’opter pour l’IR pour la partie allant jusqu’au plafond de l’abattement, puis l’option PFU pour le solde restant si cette option est un avantage pour l’épargnant.

En effet, le PFU n’est réellement libératoire que l’année fiscale suivante de la demande. Raison de son caractère irrévocable une fois qu’il a été demandé lors de la demande de rachat. L’assureur va prélever le montant correspondant au PFU sur la totalité des produits, et le crédit d’impôt correspondant au trop perçu (l’abattement en jeu) ne sera obtenu que l’année suivante par le contribuable. Afin donc de ne pas faire une avance de trésorerie au Fisc, il convient fait de demander l’application de l’IR jusqu’au montant correspondant au plafond de l’abattement, puis du PFU pour le solde restant.

- Option PFU : attention au Revenu Fiscal de Référence

L’application du PFU peut avoir des effets indésirables, notamment pour les épargnants bénéficiant d’allocations. En effet, les sommes soumises au PFU viennent augmenter d’autant le Revenu Fiscal de Référence du contribuable, et ce, même dans le cas où le montant des produits imposables est inférieur au plafond de l’abattement ! Si cette hausse du RFR ne change en rien le montant des impôts à payer, cela peut faire sortir le contribuable des grilles de ressources maximum à ne pas dépasser pour bénéficier de nombreuses allocations, et donc engendrer un manque à gagner certain. Pour une opération de rachat, ce serait pour le moins mal vu.

Dénouement du contrat en cas de décès de l’assuré, taxation successorale

Lors de la transmission d’un capital via une succession (décès de l’assuré), le bénéficiaire est dorénavant imposable selon les taux suivants :

Fiscalité de la part taxable de chaque bénéficiaire en cas de succession via un ou plusieurs contrat(s) d'assurance-vie
Montant de la part transmise à chaque bénéficiaire Taxation
Jusqu'à 152 500 €0,00 %
De 152 501 € à 852 500 €20,00 %
A partir de 852 501 €31,25 %

Cas particulier des contrats vie-génération

Le (contrat assurance-vie génération) est davantage favorable à la transmission de capital. Ces contrats bénéficient d’une fiscalité assouplie sur la taxation en cas de succession (un abattement de 20%). Ces contrats, pour bénéficier de ce régime fiscal privilégié, devront être investis à au moins 33% dans des actifs à objectif d’investissement spécifique tels que les actions de PME ou ETI, le logement intermédiaire et social ou encore dans les entreprises de l’économie sociale et solidaire.

Cas particuliers

Depuis le 1er janvier 2010, en cas de décès du souscripteur d’un contrat d’assurance-vie multisupport, l’exonération de cotisation sociales dont bénéficiaient jusqu’alors ces contrats, est supprimé. Ainsi les produits du contrat d’assurance-vie, constatées lors du dénouement du contrat par décès du souscripteur, sont également soumises aux cotisations sociales (CSG + CRDS).

Les prélèvements sociaux sont depuis 2011 payables dès lors que les plus-values sont inscrites au contrat de l’épargnant (et non plus lors du rachat partiel ou total du contrat).

Fiscalité assurance vie : réduction fiscale liée au versement des primes

Ouvrent droit à une réduction d’impôt les primes versées, chaque année au titre :

- des contrats de rente survie qui garantissent, en cas de décès de l’assuré, le versement d’un capital ou d’une rente viagère à son enfant infirme, à l’un de ses parents en ligne directe jusqu’au 3e degré (oncle ou neveu), ou encore à une personne titulaire la carte d’invalidité vivant sous son toit,

- des contrats d’épargne-handicap qui sont des contrats en cas de vie d’une durée effective d’au moins 6 ans, garantissant le versement d’un capital ou d’une rente viagère à l’assuré atteint, lors de la souscription, d’une infirmité.

Fiscalité assurance vie : exonération des droits de succession

La loi du 22 août 2007 sur les droits de succession change la donne pour la fiscalité des contrats d’assurance-vie.

Le conjoint survivant et le partenaire d’un PACS sera totalement exonéré de droits de succession.

Cette suppression de droits est étendue aux frères et sœurs, célibataires, veufs, divorcés ou séparés de corps, à la double condition qu’ils soient au moment de l’ouverture de la succession âgés de plus de 50 ans ou atteint d’une infirmité les mettant dans l’impossibilité de subvenir par leur travail aux nécessités de l’existence et qu’ils aient été constamment domiciliés avec le défunt pendant les cinq années ayant précédés le décès.

Fiscalité assurance vie : Exonération des plus-values

Quelque soit la durée du contrat, le rachat de son contrat d’assurance-vie est exonéré d’impôt sur les plus-values, dans les cas suivants :

- de licenciement du souscripteur,
- de liquidation judiciaire du souscripteur,
- de mise en retraite anticipée du souscripteur ou de son conjoint,
- de l’invalidité du souscripteur ou de son conjoint.

Cette exonération se poursuit jusqu’à la fin de l’année qui suit la réalisation d’un de ces événements (soit 365 jours après). L’article de référence du CGI est le 125 OA.

Concrètement, comment faire dans un tel cas ?

Dans un tel cas, vous devez au préalable demander l’imposition sur les revenus à votre assureur. Par la suite, demander le rachat de votre contrat, en justifiant de votre situation, document à l’appui (ce n’est pas obligatoire, mais conseillé). Enfin, indiquer aux services fiscaux vos produits sur vos revenus en demandant l’application du 125 OA du CGI. Vous devez fournir un justificatif de votre licenciement, par exemple, aux services fiscaux lors de votre déclaration.

Fiscalité assurance vie monosupport : au décès de l’assuré

En l’absence de bénéficiaire déterminé, les sommes ou valeurs versées au décès de l’assuré font partie intégrante de sa succession, et sont donc imposables aux droits de succession dans les conditions habituelles (cf exonération des droits de succession pour le conjoint).

En présence d’un bénéficiaire déterminé (autrement dit, désigné par son nom ou du moins identifiable), ces sommes ou valeurs sont soumises :

- aux droits de succession, mais pour la seule fraction supérieure à 30 500 € des primes versées après les 70 ans de l’assuré, lorsque le contrat a été souscrit depuis le 20.11.91 (ou avant, en cas de modifications essentielles depuis cette date),
- à un prélèvement forfaitaire de 20 % pour la part supérieure à 152 500 € revenant à chaque bénéficiaire (sauf celle correspondant aux primes versées après les 70 ans de l’assuré), lorsque le contrat a été souscrit depuis le 13.10.98 (ou avant, si des primes ont été versées depuis cette date), et sauf exonération des contrats de rente-survie et d’assurance de groupe souscrits à titre professionnel (loi Madelin, par exemple).

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3 commentaires

  • Fiscalité Assurance-Vie 2017

    16 décembre 2017 18:56, par ROSSET

    Je suis en invalidité 80% depuis 3 ans.
    Je souhaite faire un rachat de 40 000 euros sur mon assurance vie ouverte en 1994.
    Mon invalidité permet elle une exonération fiscale sur ce retrait ?
    (Je ne suis plus dans les un ans suivant l’invalidité et retraité depuis 2 ans.)

    Répondre à ce message

    • Fiscalité Assurance-Vie 2017

      Bonjour,

      Non, comme vous l’indiquez vous effectuez ce rachat plus d’un an après que l’événement soit survenu, vous ne pouvez donc bénéficier de l’exonération totale sur les produits.

      En revanche, vous bénéficiez de l’abattement sur les produits de 4.600€/9.200€ si vous êtes en couple (même si le contrat n’est qu’à votre nom). Ainsi, vous auriez sans doute avantage à effectuer un premier retrait de 20.000€ avant la fin de cette année, et un autre de 20.000€ en début d’année 2018 afin de bénéficier de 2 fois de l’abattement pour ce retrait.

      Bien à vous

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  • Fiscalité Assurance-Vie 2018

    12 février 21:44, par MELLET

    Bonjour,

    Il m’a semblé relever une contradiction dans votre article ;
    - dans le paragraphe "Ancien barême applicable aux versements ante 27/09/2018" vous dites que les assurés dont l’en-cours dépasse les 150000/300000 Euros ne bénéficient pas de ce barême.
    - et dans le paragraphe juste en dessous, alinéa contrats de plus de 8 ans, versements effectués avant le 27/09/2017, vous dites que rien ne change que l’en-cours dépasse ou non les 150000 Euros.

    Cela semble tout-à -fait contradictoire, pourriez-vous me dire quelle est la vérité ?

    Avec mes remerciements,

    R. Mellet

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