Surendettement des États : qui détient la dette de la France ?

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La France a accumulé une dette de 1.752 milliards d’euros à fin 2017, et chaque année, malgré les efforts, affichés ou réels, des gouvernements successifs pour la réduire, l’endettement du pays ne ralentit pas sa hausse. Mais qui détient cette dette abyssale ? Surprises au rendez-vous.
Surendettement des États : qui détient la dette de la France ?
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Alors que de plus en plus d’experts, dont Jean-Claude Trichet, estiment que le surendettement actuel des États conduit le système financier actuel dans une situation plus critique que lors de la crise financière de 2008, l’Agence France Trésor fait le point sur les propriétaires de la dette de la France. Des surprises sont au rendez-vous, notamment du côté des détenteurs hors de France. La dette de la France étant détenue pour près de la moitié par les Français eux-mêmes (livret a, fonds euros des contrats d’assurance-vie, OPC, etc.).

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France : une dette abyssale

La France est en situation de surendettement. Le déficit annuel, limité à 3% du PIB, selon les normes imposées par Bruxelles, contribue de fait à l’agrandissement du gouffre financier au-dessus duquel se trouve le pays. Proche de la production de sa richesse annuelle (PIB), la dette de la France avoisine les 100% de son PIB (96% à fin 2017), une situation de surendettement dont il est pour le moins délicat d’en sortir. La situation n’est pas dramatique, tant que le coût de la dette (ie donc les taux d’intérêts, taux oat) n’explosent pas. Mais qui achète donc la dette de la France ?

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Qui détient la dette de la France ?

Première surprise, la dette française est détenue à 45% par la Banque de France et les Français eux-mêmes, certes indirectement, via leurs placements financiers.

  • La France et les Français eux-mêmes pour 45%

Les données statistiques de la Banque de France donnent une première image de la détention du stock de la dette en distinguant investisseurs résidents et non-résidents. Ainsi, à la fin du premier trimestre 2018, 45,4 % de l’encours de dette d’État négociable française était détenu par des investisseurs situés en France. La base d’investisseurs en titres d’État français comporte en effet un socle domestique solide compte tenu notamment du fort taux d’épargne des ménages et du bilan des acteurs financiers : l’épargne des français est souvent investie indirectement dans les titres de l’État, que ce soit au travers du livret A, des livrets bancaires ou des contrats d’assurance vie via notamment les fonds en euros. La part des investisseurs français a récemment augmenté du fait notamment du programme d’achat de la BCE (PSPP) qui est réalisé, pour ce qui est de la dette française, pour l’essentiel par la Banque de France.

  • Les pays de la zone Euro détienent le quart de la dette française
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En faisant le focus sur les détenteurs de la dette française (hors de France), seconde surprise : les USA, qui détiennent pourtant près de 40% du marché actions français, ne détiennent que très peu de la dette française (moins de 10% de la part non résident). En dehors des pays voisins de la zone euro, détenant près du quart de la dette française (56% des 54.50% détenus hors de France), c’est bien l’Asie, donc essentiellement la Chine, qui détient la partie la plus importante de la dette française. Le Japon étant de son côté très orienté vers sa dette nationale. Le reste de l’Europe (hors zone Euro) détient également une part important de la dette française, avec plus de 8% de cette partie.

Ces proportions de détentions de la dette française à l’étranger ne sont connues que via la collecte d’informations effectuées via un sondage réalisé par le FMI auprès des investisseurs internationaux, le Coordinated Portfolio Investment Survey (CPIS). Sous des hypothèses réalistes, l’AFT estime que la moitié des investisseurs non-résidents sont originaires du reste de la zone euro et qu’un peu moins de 20% des investissements en dette française par des investisseurs non-résidents (c’est-à-dire environ 10% du total des investisseurs) sont le fait de banques centrales dans le cadre de la gestion de leurs réserves de change.

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