Vers la fin des fonds en euros obligataires ? Les épargnants concernés doivent agir

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Fin des fonds en euros classiques ©FranceTransactions.com/StockAdobe
La fin des fonds euros ? Vaste amalgame. Tous les fonds en euros ne vont pas disparaître. Loin de là ! Seuls les fonds euros obligataires, les plus mauvais, servant d’ores et déjà des rendements réels négatifs, inflation déduite, devraient rendre leur tablier, et encore, si les épargnants concernés se réveillent. Parler du déclin de ces fonds euros est un doux euphémisme. Ces fonds en euros traditionnels, basés majoritairement sur un portefeuille de lignes obligataires d’État, sont d’ores et déjà délaissés par les assureurs depuis nombre d’années. La politique confirmée sur la durée de taux négatifs de la BCE ne fera qu’accélérer leur lente agonie. Le seul souci est que la majorité des épargnants investis sur ces fonds euros subit cette situation, en laissant leur capital décroître, sans aucune réaction.

Fin des fonds euros classiques, les avertissements se succèdent

C’est assez remarquable. Après l’avertissement de Generali sur la chute des rendements de ses fonds euros en 2019, au tour du Crédit Agricole Assurances de se montrer réservé sur l’avenir et d’imposer sans doute de nouvelles conditions de versements sur ses fonds euros. Les nouveaux versements ne font qu’empirer la chute des rendements. Les rendements des obligations d’Etats, composante importante de ces fonds euros, étant négatifs, difficile de s’y retrouver. A cela, la Banque de France par la voix de M. Villeroy de Galhau, prépare les esprits des épargnants, les rendements des fonds euros doivent baisser. Davantage ! Mais quel concert !

Les fonds euros obligataires en fin de vie

Evolution des taux de rendements des fonds euros
© FranceTransactions.com

Ces avertissements ne datent cependant pas d’aujourd’hui. La courbe descendante des rendements des fonds euros en atteste. Les épargnants connaissent la musique. En 2016 déjà, le HCSF lançait l’alerte sur le rendement trop élevé des fonds euros. Les assureurs ne pouvant tenir une telle situation. Trois années plus tard, si la situation a empiré, le constat reste le même. Et pourtant les provisions de bénéfices des fonds euros n’ont jamais été aussi élevés.

Evolution de la moyenne des rendements réels des fonds euros (inflation et prélèvements sociaux déduits).
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Mais ce qui reste le plus surprenant est la totale léthargie des épargnants dont le capital est investi sur ces fonds euros moribonds. Le rendement réel de ces vieux fonds euros obligataires, net d’inflation, est largement négatif [1], et si peu d’entre eux décident donc d’effectuer des rachats afin de placer à meilleur compte. Une situation totalement paradoxale, d’un côté la plainte de piètres rendements (cf top et flop des fonds euros 2018, les meilleurs et les pires) mais de l’autre aucune réaction... Les Français sont des épargnants passifs. L’argent dort tranquillement.

Les assureurs en instance de bloquer les versements sur les fonds euros

Bloquer est un terme bien trop fort, mais fortement limiter serait plus juste. Des conditions imposant, pour tout versement sur un fonds euros, jusqu’à 50% du capital investi sur les unités de compte. C’est juste de la folie douce. Les conseillers financiers vont crouler sous les plaintes dès la moindre baisse des marchés financiers de plus de 10%. Sans compter que leur devoir réglementaire de conseil financier devrait leur interdire de recommander ainsi tout versement sur les fonds euros. On ne place pas son argent sous une contrainte forte. Ainsi, dans une totale démesure, certains assureurs envisagent d’augmenter les conditions de versement sur les fonds euros encore concurrentiels. Ainsi, passer de 20%, à 30%, voire 50% ou 60% !

La prise de risques comme alternative ? Et puis quoi encore ?

L’emballement médiatique se met donc en marche afin de convaincre les épargnants de prendre des risques. Un non-sens total, alors que les marchés financiers sont au plus haut, il ne manquerait plus qu’un krach boursier pour que la désorientation soit totale. D’ailleurs, le prochain est prévu pour quand ? Si l’assureur Generali, tout comme l’AFER se frottent les mains en jouant la carte du fonds eurocroissance, d’autres attestent haut et fort que le salut viendra de l’immobilier. Jusqu’au prochain retournement de marché de l’immobilier. Évidemment.

Il existe pourtant des fonds euros qui tiennent encore la route !

Loin de cette agitation médiatique, pour le moins anxiogène, sur la fin du monde des fonds euros, il existe pourtant encore des contrats d’assurance-vie permettant d’investir à 100% sur le fonds euros, donc sans subir de multiples conditions. Hasard ou pas, un de ces fonds euros (Garance Epargne) figure parmi les meilleurs du marché, en termes d’historique de rendements publiés. Evidemment, les performances passées ne préjugent pas de celles à venir, mais les épargnants avertis sauront sans doute déceler les compagnies qui savent s’adapter aux conditions de marchés, et les autres, qui subissent. C’est à noter, que si certains assureurs s’en tirent plutôt bien, ce sont surtout les assureurs mutualistes qui devraient tirer leur épingle du jeu dans les années à venir.


[1La moyenne de rendement réel en 2018 des fonds euros était de -0.11%, prélèvements sociaux déduits, incluant donc tous les fonds euros, dont les meilleurs

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1 commentaire

  • En fin de vie ??? Sans doute mais pas question d’investir un euro dans les attrapes couil........que sont l’eurocroissance et les UC !! Très rentables, certes, pour les ASSUREURS, pas pour l’épargnant !! Je vous renvoie aux détails de ces deux " placements " (!!!!) Sur internet : pas un jour sans que le matraquage des esprits ne vous martele sa litanie " abandonnez vos fonds euros " pour ces chimères !! Pour ma part, vieux contrat 100% en fonds euros moribonds, 42% de plus value depuis son ouverture 16 ans avant, JAMAIS acheté une UC , et tant que mes frais de gestion seront couverts (0,60%), je ne lacherai rien, n’en déplaise à macron et aux assureurs....Et après ?? Je solderai et je sais déjà quoi faire...

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