Achat auto : vaut-il mieux souscrire un crédit ou utiliser son épargne ?
Vous allez acheter votre nouvelle voiture, vaut-il mieux prendre un crédit ou utiliser votre épargne ? Le concessionnaire vous fera une démonstration chiffrée surprenante, montrant que la solution du crédit est la plus avantageuse... Mais il a omis de dire pour qui. Décryptage d’une démonstration financière biaisée.Vous répondez à ce message
«  une erreur de gestion financière sur laquelle nous allons faire la lumière...  »
sauf que votre démonstration est aussi fausse que celle où vous préfériez le tiers provisionnel à la mensualisation de l’impôt.
À l’époque vous rajoutiez artificiellement 3 mois d’épargne à votre choix pour le justifier.
Cette fois vous mélangez un peu tout, et ajoutez au besoin des choses fausses. Décryptons (comme vous dites)Â !
• Les concessionnaires ont probablement peu d’intérêt économique dans un crédit. 204 €, selon votre exemple, va rapporter très peu après déduction des frais, et donner un surcroît de travail. En revanche, cela facilite les ventes des voitures, et là leur marge est plus importante.
«  les assurances sont toujours obligatoires  », c’est ce que vous croyez. La loi n’impose aucune obligation d’assurance à l’emprunteur. L’établissement de crédit choisit lui-même en fonction du montant emprunté et/ou de la durée de remboursement si il prête sans assurance ou seulement avec assurance.
Donc un crédit à coût 0 € existe. Pour des travaux dans la maison (fenêtres et porte sur mesure), c’est particulièrement intéressant : vous n’avez pas à payer l’acompte 30 %, et vous ne commencer le remboursement que le mois qui suit la pose.
«  le bon sens aura le mérite d’alerter l’épargnant...  » À chaque fois que vous employez « le bon sens  » comme argument, cela devrait vous alerter sur le fait que vous vous trompez. Exemple : levez les yeux vers le ciel toutes les heures pendant une journée bien ensoleillée. À la fin de la journée, votre « bon sens  » vous dira que le soleil tourne autour de la Terre. En revanche, si malgré votre observation, vous faites plutôt appel à votre intelligence et à vos connaissances, il est probable que vous conclurez votre journée par «  Et pourtant, elle tourne !  »
Je dépense 204 € pour conserver un rendement de 450 €, le «  bon sens  » du vendeur annonce un gain de 246 €.
Le taux d’intérêt de ma dépense est plus important que le taux d’intérêt de mon rendement, votre «  bon sens  » dit que le rendement sera inférieur à la dépense.
Alors on fait comment pour arbitrer entre les «  bon sens  »Â ?
On vérifie que le contrat du vendeur dit 204 € et puis c’est tout ; on vérifie que 15 000 à 0,75 % donne bien 450 € en quatre ans.
En fait c’est plus, car les intérêts sont capitalisés chaque fin d’année et produisent des intérêts.
En revanche il faut prendre le pari que le Livret A ne passera pas sous 0,75Â % pendant 4 ans.
On peut arriver à faire mieux, car Distingo propose parfois du 3Â % (2,1Â % net) pendant 2 mois, BforBank du 2,2Â % pendant 3 mois (1,155Â % net) si on prend en compte la perte de deux quinzaines.
Et à la fin on se souvient que les Taux, les TEG et les TAEG (en attendant la version 4) ne veulent rien dire.
«  L’argent pour rembourser le crédit ne tombe pas du ciel...  » Ah, évidemment si vous remplacer l’intelligence, la compréhension, les mathématiques… par la bonne vieille sagesse populaire bien grasse cela va être difficile de parler d’économie.
Le vendeur omet de dire que vous allez devoir rembourser le crédit. Les vendeurs, ça ose tout !
Gribouille se jeter dans une mare tout habillé, pour échapper à la pluie ; et vous, vous proposez de faire disparaître immédiatement 15 000 € d’épargne, qui rapportent déjà, pour ne pas perdre 316,75 €Â de capacité d’épargne mensuelle.
Vous êtes sérieux en parlant de «  moins-values sur votre épargne  »Â ? Non bien sûr, j’ai la réponse immédiatement après :
«  les chiffres trouvés correspondront alors au bon sens  ». Bingo !
Emprunter plutôt que puiser dans l’épargne est même recommandé s’il s’agit de ne pas vider l’épargne de précaution.
Exemple : j’ai absolument besoin d’une voiture, je n’ai que 15 000 € d’épargne, on me propose un emprunt à taux ridicule 0,75 %.
Je suis votre conseil : je vide mon épargne. Trois mois après ma chaudière rend l’âme sans prévenir. Je fais le tour des chauffagistes, et des banques, personne ne me propose un taux aussi ridicule.
Le «  bon sens  », ça pue.