Prix de l’immobilier : le délire continue dans les grandes villes
Avec la crise, les prix de l’immobilier auraient pu au moins se calmer, sans évoquer de véritables baisses. Mais selon le dernier baromètre des prix LPI-SeLoger, il n’en est rien. Le délire a repris de plus belle, et la hausse des prix s’accélère même dans les grandes villes, alors que tout milite pour une baisse des prix.Vous répondez à ce message
Bonjour à tous, Il ne faut pas se laisser impressionner par les articles des lobbyistes de l’immobilier. Leur intérêt objectif est de suggérer que l’immobilier continue de monter, pour inciter les gens à acheter et soutenir le marché. En l’occurrence, Michel Mouillart est un lobbyiste habile avec un petit vernis universitaire.Bien sûr, le secteur de l’immobilier et l’État (à cause des imposantes rentrées fiscales) n’ont pas intérêt à ce qu’il y ait un krach violent. Ceci dit, l’État est également inquiet de la hausse de l’endettement privé et a clairement formulé ses recommandations via le HCSF. Il vaut mieux pour lui renoncer à une partie de ses revenus fiscaux qu’éponger une immense crise bancaire.Comment interpréter les chiffres actuels ? D’abord, le rebond depuis mai n’est pas si impressionnant qu’il en a l’air. Il est évalué en fonction de l’activité d’avril qui était tombée à un niveau abyssal. En réalité, on n’arrive pas à retrouver et on ne retrouvera très probablement pas les volumes d’avant la crise. Au delà du rattrapage, le marché risque fort de s’affaisser. Concernant les prix, deux raisons expliquent en bonne partie leur montée : d’abord, les moyennes reflètent des transactions déjà conclues pour la plupart avant mars ; ensuite, les acquéreurs modestes étant les premiers à sortir du marché, le prix moyen augmente mécaniquement... pour un temps.Certes, l’argent injecté par les banques centrales peut nourrir les bulles. Mais une majeure partie de l’immobilier résidentiel est portée par l’achat et la vente de résidences principales (voire secondaires) ou de petits investissements locatifs - soutenu par l’emprunt. Les recommandations du HCSF et le gros temps qui va bientôt s’abattre sur les banques vont encore compliquer et renchérir l’accès au crédit dans les mois à venir. Le chômage et l’incertitude quant à l’avenir vont décourager de nombreux acheteurs potentiels. L’étendue et la durée de la baisse dépendra des solutions apportées à la crise et de leur efficacité.